Le 14 novembre, la Chambre des députés bolivienne a de nouveau siégé et élu son président, le socialiste Sergio Choque, membre du parti MAS d'Evo Morales.
Dans l'autre chambre, Monica Eva Copa, du MAS également, a été élue présidente du Sénat lors d'une séance qui a atteint le quorum légal, rapporte Telesur, avec la présence des sénateurs du MAS - qui détient plus des deux tiers des sièges - et au moins six autres de la minorité.
Jeanine Añez, présidente bolivienne par intérim autoproclamée, a déclaré le 14 novembre qu'«Evo Morales n'[était] pas habilité à un quatrième mandat» et ne pouvait donc pas se présenter aux prochaines élections, dont la date n'a pas encore été définie.
Elle a toutefois annoncé que son gouvernement avait renoué le dialogue avec le parti du président déchu. Son chef de cabinet, Jerjes Justiniano, a annoncé que des pourparlers avaient débuté avec le Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti d'Evo Morales, en exil depuis le 12 novembre suite à sa démission forcée sous la pression de l'armée et de la police.
Jeanine Añez a à cet égard assuré que le MAS «a[vait] le droit de participer aux élections générales» et lui a recommandé de «chercher un candidat».
Maintenant, oui, une guerre civile!
Cette annonce aux allures conciliatrices intervient dans un contexte de tensions extrêmes dans le pays, alors que les partisans de l'ancien président indigène ont redoublé de mobilisation. Comme la veille, une manifestation en provenance de la ville voisine d'El Alto est arrivée en milieu d'après-midi au centre de La Paz, a constaté l'AFP. Ces milliers de manifestants portaient des Wiphalas, le drapeau andin indigène multicolore qu'Evo Morales a introduit comme symbole national en 2009, et scandaient «Maintenant, oui, une guerre civile !».
«Nous voulons qu'Evo revienne», a déclaré à l'AFP Nery, femme aymara de 28 ans, portant la «pollera», la jupe traditionnelle. «On est très en colère contre cette dame [Jeanine Añez] qui s'est autoproclamée» présidente, a-t-elle ajouté.
Le rassemblement s'est toutefois déroulé dans le calme. La veille, des affrontements avaient éclaté dans l'après-midi entre des partisans d'Evo Morales et les forces de l'ordre à La Paz et ailleurs dans le pays.
«Nous reviendrons»
Depuis Mexico, où il est arrivé le 12 novembre pour y bénéficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prêt à rentrer en Bolivie pour «apaiser» la situation.
Le nouveau gouvernement de La Paz a annoncé qu'il allait présenter une réclamation officielle à Mexico, estimant qu'un exilé politique ne devrait pas être autorisé à faire des déclarations politiques de ce type. Le gouvernement mexicain a répondu que la liberté d'expression des demandeurs d'asile politique ne pouvait être restreinte.
La première décision de politique étrangère de Jeanine Añez a été de reconnaître, le 14 novembre, le dirigeant de l'opposition vénézuélienne Juan Guaido en tant que président du Venezuela, marquant ainsi son antagonisme face à l'alliance entre Evo Morales et le président socialiste Nicolas Maduro.
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