
A entendre les médias, on pourrait penser que ce sont les Israéliens qui ont libéré Auschwitz . Et quand l'un de leurs journalistes se veut plus précis, il évoque" les Russes". Et bien non, ce sont les Soviétiques et les soldats de leur Armée rouge, composée de Russes, bien sûr, mais aussi venus de Sibérie, du Caucase, d'Ukraine, de Bielorussie, de toutes les Républiques qui alors fédéraient l'URSS. Ces forces, qui ont écrasé l'Allemand à Stalingrad, planteront le drapeau rouge sur les ruines de Berlin.
A cette époque, la propagande officielle de Berlin, et celle de leurs valets parisiens, n'évoquait le pouvoir soviétique que sous le terme de "judéo-bolchevique" et les consignes données à la Wehrmacht étaient alors de massacrer systématiquement "les commissaires politiques communistes et les juifs".
Cette assimilation, thème de la propagande nazie, n'est plus de mise aujourd'hui. L'Etat d'Israël fait partie aujourd'hui du dispositif militaire occidental.
L'ennemi, ce sont les Russes, ceux d'hier comme ceux d'aujourdhui, coupables de ne pas laisser piller les richesses de leur pays, en clair, de ne pas livrer celui-ci aux intérêts étrangers.
Crime, aux yeux du capital international.
C'est ce qui conduit les instances de l'Union européenne, sous la direction de l'Allemagne, à considérer Moscou comme l'ennemi. Et d'assimiler Poutine à Hitler ! Le goujaterie occidentale va même jusqu'à ne pas inviter les dirigeants russes à Auschwitz, que leurs troupes ont libéré, lors de la commémoration officielle de cet événement ...alors que les responsables de Berlin sont conviés à visiter les bunkers nazis des plages normandes, lors des anniversaires du débarquement de juin 44 !
Peut-on mieux illustrer le changement d'alliés opéré par les politiciens français depuis que le général de Gaulle célébrait "la bonne et grande alliance" franco-russe...
Pour notre part, nous rendons hommage aux patriotes français, victimes de la barbarie nazie, et aux libérateurs d'Auschwitz, l'Armée rouge, en vous proposant l'admirable poème du communistes Louis Aragon
Moi si je veux parler c'est afin que la haine
Ait le tambour des sons pour scander ses leçons
Aux confins de Pologne existe une géhenne
Dont le nom siffle et souffle une affreuse chanson
À Auschwitz À Auschwitz Ô syllabes sanglantes
Ici l'on vit ici ici l'on meurt à petit feu
On appelle cela l'exécution lente
Une part de nos coeurs y périt peu à peu
Limites de la fin limites de la force
Ni le Christ n'a tenu ce terrible chemin
Ni cet interminable et déchirant divorce
De l'âme humaine avec l'univers inhumain
Ce sont ici des Olympiques de souffrances
Où l'épouvante bat la mort à tous les coups
Et nous avons ici notre équipe de France
Et nous avons ici cent femmes de chez nous
Puisque je ne pourrais ici tous les redire
Ces cent noms doux aux fils aux frères aux maris
C'est vous que je salue en cette heure la pire
Marie-Claude en disant Je vous salue Marie
Et celle qui partit dans la nuit la première,
Comme à la Liberté monte le premier cri,
Marie-Louise Fleury rendue à la lumière,
Au-delà du tombeau Je vous salue Marie.
Hélas les terribles semailles
Ensanglantent ce long été
Cela dure trop Ecoutez
On dit que Danielle et que Maï...
Ah! Déferont-ils maille à maille
Notre douce France emportée ?
Ce qu'on dit rend l'ombre plus noire
Sur la misère de nos chants
Les mots sont nuls et peu touchants.
Maï et Danielle Y puis-je croire ?
Comment achever cette histoire
Qui coupe le coeur et le chant
Je vous salue Marie de France aux cents visages
Et celles parmi vous qui portent à jamais
La gloire inexpiable aux assassins d'otages
Seulement de survivre à ceux qu'elles aimaient
Lorsque vous reviendrez car il faut revenir
Il y aura des fleurs tant que vous en voudrez
Il y aura des fleurs couleur de l'avenir
Il y aura des fleurs lorsque vous reviendrez
Vous prendrez votre place où les clartés sont douces
Les enfants baiseront vos mains martyrisées
Et tout à vos pieds las redeviendra de mousse
Musique à votre coeur calme où vous reposer
Haleine des jardins lorsque la nuit va naître
Feuillages de l'été profondeur des prairies
L'hirondelle tantôt qui vint sur la fenêtre
Disait me semble-t-il Je vous salue Marie
/image%2F1445552%2F20150209%2Fob_1e45f9_logo-communard.jpg)