

Le but de ces mensonges, c’est de faire peser le déconfinement sur des comportements individuels, plutôt que de remettre en cause la loi du profit. Il serait possible de mettre réellement la production au service des besoins si on décidait de changer les règles du jeu, si on décidait d’offrir à tout le monde des conditions de vie décentes plutôt que de garantir à quelques un·es des profits scandaleux. Pour commencer, on pourrait récupérer les dividendes versés aux actionnaires. Cet argent, c’est les profits qu’ils engrangent grâce à notre travail, alors qu’il soit utile pour une fois ! Qu’il permette de payer des tests systématiques et des masques pour tout le monde. Qu’il permette de maintenir les salaires de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs des secteurs non-essentiels.
Aujourd’hui déjà, beaucoup de ces salarié·es sont au boulot, prenant des risques pour leur vie et celles de leurs proches, prenant le risque de propager le virus. Et celles et ceux qui sont au chômage partiel ont du mal à boucler les fins de mois.
En 2019, les actionnaires du CAC 40 ont reçu 60 milliards d’euros [1]. Mais plutôt que de récupérer cet argent pour endiguer la crise sanitaire et économique, Macron prolonge le système de chômage partiel : il revient donc à l’État, donc à nos impôts, d’indemniser les salarié·es. Macron promet également des aides pour les familles et les étudiant·es pauvres. Soit ! Mais cet argent provient de nos caisses à nous, plutôt que des poches pleines du patronat.
Pire encore. Pour permettre une reprise plus large de l’activité au 11 mai, Macron annonce la réouverture des écoles. Placer des enfants, particulièrement vecteurs et asymptomatiques, par centaines dans des établissements, c’est irresponsable ! Cela risque de faire repartir l’épidémie rapidement. Mais cela permettra surtout de libérer les parents pour retourner au boulot.
Ce que cherche Macron ici, c’est un point d ’équilibre : pouvoir maintenir au plus haut niveau possible les profits des entreprises et les dividendes versés aux actionnaires, tout en endiguant suffisamment l’épidémie pour que le taux de mortalité reste « acceptable » pour la population. Car le gouvernement prépare l’après. Et le Medef a prévenu, selon son président, il faudra « se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique » [2]. Et ça tombe bien ! La loi d’urgence sanitaire permet justement un large assouplissement du droit du travail, et ce jusqu’au 31 décembre 2020 !
Bref, ce n’est pas une économie de reconstruction du pays, comme après une guerre, que nous prépare Macron, le président des patrons, mais bien une économie de reconstruction des profits.
Nos luttes seules pourront faire pencher la balance, pour que l’on ne paye pas cette crise qu’ils gèrent si mal, pour que l’on décide enfin pour nous-mêmes.
Union communiste libertaire le 14 avril 2020
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