
hérodote,net
8 février 1962
Sur le boulevard Voltaire, des manifestants pour la paix en Algérie croient échapper aux coups de matraque en descendant dans le métro Charonne. Mais c'est pour s'apercevoir que les grilles ont été fermées dès le début de l'après-midi.
À 20 heures, tandis que la foule commence de se disperser, des policiers s'acharnent sur la cohue qui se presse dans l'escalier du métro. Des manifestants, assommés, sont même jetés par-dessus la rambarde sur les manifestants collés aux grilles...
Enfin, les grilles cèdent sous la pression de la foule. À l'heure du bilan, on comptera huit morts, victimes d'étouffement ou d'infarctus, ainsi qu'une centaine de blessés parmi les manifestants et un peu plus de deux cents parmi les forces de l'ordre.
Quarante jours plus tard seront signés les accords d'Évian, mettant fin à la guerre d'Algérie mais non aux dissensions et aux ressentiments nés de celle-ci, tant parmi les Algériens que parmi les Français.
Par Canaille Lerouge
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C’est dans son numéro du 14 février et du 21 février 1962 que « La VO » traite de cet événement tragique et de la mobilisation nationale qui s’en est suivie. Avec un supplément gratuit spécial, édité pour être rajouté au numéro du 14 février, la VO choisie de mettre à la une l'arrêt national du travail pour les « obsèques des militants antifascistes tombés sous les coups de force de la répression ». Car le 8 février, après la répression policière, 8 morts sont à déplorer : « huit prolétaires, huit démocrates, dont un jeune de 15 ans et trois femmes ». Ils seront 9 au total.
La VO, dans son supplément recto verso, relaie l’appel de la CGT à une grève générale le jour des obsèques de ses militants. Et, dans son numéro du 21 février, publie un dossier de 20 pages sur le danger de l’OAS, avec une couverture donnée à la manifestation en hommage aux personnes blessées et décédées le 8 février. Elle y relate la journée inoubliable du 13 février « le silence dans les usines, sur les chantiers, dans les bureaux, dans les écoles ».
La VO relate aussi 8 journées « chargées d'histoire » entre l'allocution télévisée du président de la République, Charles de Gaulle le 5 février, un nouvel attentat de l'OAS le 7, la manifestation réprimée dans le sang du 8 et la grande manifestation du 13 février où un million de parisiens ont défilé, et des centaines de milliers d'autres dans différentes villes de France.
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