

Les 100 jours de Macron : un bilan qu'on attend toujours
Au lendemain d'une crise sociale sans précédent, d'une mobilisation historique des masses populaires contre la retraite à 64 ans, Emmanuel Macron avait demandé un délais de 100 jours pour en faire le bilan et établir un plan d'avenir qui ressoude les Français.
Le 14 juillet était la date avancée par l'Elysée pour l'annoncer.
Mais les émeutes d'une population jeune - et même très jeune - ont ravagé les quartiers des banlieues, et pour la première fois, des petites villes d'une province paisible, connues pour son calme et sa modération, encore qu'elle s'était fait connaître en mobilisant à l'extrême contre la réforme des retraites...
Les émeutes, à la suite d'un meurtre d'un jeune par la police, se sont poursuivies des nuits durant, malgré une mobilisation policière sans précédent. Une forme de rage débordante, comme un fleuve qui quitte son lit, ces masses de jeunes se sont s'en pris à tous les bâtiments, qui pour eux représentaient l'Etat, l'école, symbole de leur échec scolaire, des lieux de loisirs, des commerces en nombre, expression d'une société de consommation, dont ils se sentent exclus.
Et depuis, nous assistons à une police dont des syndicats - et le chef de Police Nationale lui-même - menacent l'ordre républicain, solidaires publiquement des policiers en révolte contre la justice, pour avoir incarcéré l'un des leurs pour violences aggravée, dont certains des leurs sont accusés.
On aurait pu penser que le Chef de l'Etat, sans attendre, ait annoncé des sanctions contre ce haut-fonctionnaire. Il n'en a rien été, le Chef de l'Etat se contentant de rappeler les termes de la loi...
Et ces paroles sont prononcées à la suite d'un rappel, tel un huissier ennuyé fait l'état des lieux, de mesures déjà annoncées, face à une Assemblée où le gouvernement n'a pas toujours pas trouvé de majorité.
Qu'ont tiré les téléspectateurs de cette intervention présidentielle, un devoir de vacances vite bâclé...
C'est vrai que le Président était à Nouméa, rendre visite aux Caldoches pour se féliciter que petit bout d'empire colonial nous serve de base militaire dans le Pacifique.
JEAN LEVY
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