
Ce que, depuis l'Elysée, Emmanuel Macron exposait, six mois avant le coup militaire au Niger...
"C'est le confort des grilles de lecture du passé : mesurant notre influence aux nombres de nos opérations militaires, ou nous satisfaire de liens privilégiés exclusifs avec des dirigeants, ou considérer que des marchés économiques nous reviennent de droit parce que nous étions là avant", a-t-il ajouté.
"Ce temps là a vécu". "Il faut bâtir une nouvelle relation équilibrée, réciproque et responsable" avec les pays du continent africain, a-t-il martelé lors d'un discours à l'Elysée à la veille d'une tournée africaine..."L'Afrique n'est pas un "pré carré", il faut passer d'une "logique" d'aide à celle d'investissement", a ajouté Emmanuel Macron.
Le discours de lundi faisait écho à celui de Ouagadougou, en 2017, dans lequel Emmanuel Macron avait marqué sa volonté de tourner la page avec la politique africaine post-coloniale de Paris, la Françafrique empreinte de "collusions politiques et de liens sulfureux, et tendu la main à une jeunesse africaine de plus en plus méfiante vis-à-vis de la France".
Mais depuis, l'eau du Niger a coulé.
Et le président de la République n'a pas oublié son ami, Mohamed Bazoum, chassé du pouvoir à Niamey et menacé d'un procès pour "haute trahison" pour ses lens avec une une puissance étrangère.
Macron a immédiatement réagi en étant solidaire de la Cédéao, qui menace le Niger d'une intervention militaire, appuyée par un grand ami de la France, Alassane Ouattara, qui doit sa présidence de la Côte d'Ivoire aux chars français...
Et quand est-il des rapports "empreints de collusions politiques et de liens sulfureux" dénoncés, il y a six mois à l'Elysée ?
JEAN LEVY
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