ALGERIE
Plusieurs grèves cette semaine dans le secteur de la santé
Les hôpitaux en service minimum
Décidément le service minimum est entré dans les moeurs. Un palliatif loin de régler les choses dans les hôpitaux algériens réputés pour leur service d'urgence surchargé. Les soins ne sont donc assurés qu'aux cas urgents, les autres malades sont invités à mourir, pardon ! À rester chez eux jusqu'à nouvel ordre, dès lors que les grèves illimitées et cycliques s'enchaînent sur le secteur. Le retour à la normale est tributaire d'éventuelles négociations concluantes.
Plusieurs mouvements de grèves se croisent en même temps dans les établissements de santé cette semaine. Par voie de conséquence, l'accès aux soins est plus que jamais compromis. Paramédicaux, corps communs, médecins généralistes, médecins spécialistes, dentistes, psychologues et enseignants du paramédical ne prendront pas leur service.
Le mouvement affectera toute l'Algérie où les syndicats de la santé ont unanimement décidé d'entamer une grève reconductible en même temps, étant donné que l'essentiel des revendications soit partagé. En bout de ligne, il serait préférable pour les personnes prises au dépourvu par une douleur ou un malaise quelconque de rester chez elles, histoire de préserver leurs forces car le service risque d'être saturé encore pour longtemps.
En effet, l'intersyndicale des professionnels de la santé, (ISPS), composée du Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy), du Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp), Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp) et du Syndicat national du personnel de l'enseignement du paramédical (Snpepm), observent, depuis hier, une grève de trois jours renouvelable.
La question des statuts particuliers est au centre du conflit opposant au moins six syndicats de la santé à la tutelle. Cela fait deux ans que ces syndicats demandent également des corrections au niveau du régime indemnitaire, c'est-à-dire, la revalorisation des indemnités et primes, mais aucune des revendications et des préoccupations de la corporation, émises depuis plus de deux ans, n'a été prise en considération par la tutelle.
Cette nouvelle montée au créneau est justifiée aussi par l'atteinte à la liberté syndicale et du droit de grève, et l'amélioration des conditions de travail.
Parallèlement à cela, les paramédicaux observent depuis une semaine, une grève illimitée. Les corps communs quant à eux, enchaînent des grèves cycliques de quatre jours pour revendiquer une amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles. Des sit-in, ponctués de marches de protestation, ont été observés, hier, dans l'enceinte du CHU Mustapha-Pacha à Alger. L'établissement de santé de proximité sis dans la rue Meissonnier a fermé carrément ses portes aux patients. Cela va sans dire que la vie des malades soit le cadet des soucis des intervenants de la pratique médicale. Ils l'ont dit d'ailleurs les médecins spécialistes, "le secteur de la santé ne constitue pas une priorité pour les pouvoirs publics."
Par Rebiha Akriche
LES GREVES S'ETENDENT DANS D'AUTRES SECTEURS
Plusieurs wilaya touchées
Les travailleurs de la compagnie maritime CMA-CGM Algérie en grève
Les travailleurs de la compagnie maritime CMA-CGM Algérie, leader mondial dans le transport de marchandises, ont entamé hier, une grève pour revendiquer une "amélioration" de leurs conditions socioprofessionnelles, a-t-on constaté.
Selon le porte-parole du collectif des travailleurs, Abderrazak Bentahar, cette grève a touché les agences commerciales d’Alger, Béjaia, Annaba, Mostaganem, Oran, Sétif, Ghazaouet et Skikda ainsi qu'une filiale de CMA-CGM (ALTERCO) qui soccupe de la gestion du port sec de Rouiba.
Les grévistes demandent, notamment, une revalorisation des salaires et l’application du régime indemnitaire.
La direction générale de l’entreprise a procédé à des "licenciements abusifs" des membres du collectif "le jour même (lundi) où ils allaient créer leur propre syndicat, affilié à lUnion générale des travailleurs algériens (UGTA)", déplore le porte-parole du collectif.
Il a précisé que des membres du collectif ont été reçus, dernièrement, par le président du groupe CMA-CGM Jacques Saadé, à Marseille (France), "qui leur avait promis d’étudier leurs revendications".
Selon le même interlocuteur, les travailleurs de la compagnie «exigent la réintégration immédiate de tous les employés touchés par le licenciement et le départ de certains expatriés, dont le président-directeur général de CMA-CGM Algérie.»
Reda A
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