Alors que la CGT tient son 49e congrès, Roger Silvain dirigeant emblématique de la CGT – Renault reprend du service pour dénoncer la «dérive» de la ligne politique défendue par Bernard Thibault. Une dérive qu’il attribue à la Confédération européenne des syndicats.
À « bientôt 79 ans », Roger Silvain aurait pu décider de laisser filer, de ravaler sa colère contre la direction de la CGT. Mais ce serait mal connaître le bonhomme : « Le combat, explique-t-il, lui, qui est entré à l’âge de 15 ans à Renault-Billancourt comme apprenti-ajusteur, c’est tous les jours, jusque sur notre lit de mort ». Son combat du moment, cette figure emblématique de la CGT proche d’Henri Krasucki le mène via le Front syndical de classe, une association lancée cet été et qu’il préside. Une association qui vise à être un « vecteur d’idées pour que la CGT reste fidèle à ses fondamentaux ».
Même s’il admet qu’« il y a une vieille tradition à la CGT qui consiste à ne pas dénigrer ses dirigeants », ces fameux « fondamentaux », il les rappelle avec force à Bernard Thibault. Car ce partisan de la « vieille CGT », comme diront certains, sent bien que la base suit de moins en moins l’actuel Secrétaire général. « Au congrès , explique-t-il, vous n’aurez pas le reflet exact de ce mécontentement parce qu’il a été bien “préparé”. » Alors Roger Silvain met des mots sur ce mécontentement. Et surtout il analyse le fossé qui se creuse entre les troupes et « le gars qui tient la boutique ». Il y voit la marque de la Confédération européenne des syndicats et décrit presque Bernard Thibault en commissaire européen aux ouvriers !
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EL DIABLO
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