Comment
présente le décès du jeune manifestant du Tarn :
LE MONDE | 27.10.2014
Réalisée lundi à 14 heures, l’autopsie de Rémi Fraisse, 21 ans, retrouvé mort dans la nuit de samedi à dimanche sur le chantier du barrage de Sivens (Tarn), n’a pas permis d’éclairer pleinement les circonstances du décès du jeune homme, originaire de Plaisance-du-Touch dans l’agglomération toulousaine.
Le procureur Claude Dérens a rendu compte d’une « plaie importante située en haut de dos » – une brûlure profonde selon nos informations – sur le corps de la victime. Elle « a été causée, selon toute vraisemblance, par une explosion », a expliqué le procureur lors d’un point presse. « La déflagration a été forte puisque le jeune homme a été projeté au sol de façon violente » et, « selon le médecin légiste, la mort a été instantanée », a détaillé Claude Dérens. « L’objet à l’origine de l’explosion n’a pas entraîné de flamme » et « aucune trace de particule métallique ou plastique n’a été retrouvée dans la plaie », a poursuivi le magistrat.
UNE ANALYSE DU SAC À DOS DE LA VICTIME EN COURS
Mais l’autopsie n’a pas permis de déterminer la nature de l’engin qui a pu produire une telle brûlure sur le corps du jeune homme. Des examens doivent à présent établir si « une grenade, lancée depuis la zone où les gendarmes étaient retranchés », a pu être « à l’origine » de cette explosion, a expliqué le procureur.
D’après nos informations, une analyse du sac à dos de la victime serait également en cours afin de déterminer si son contenu pourrait être de nature explosive.
En attendant, des sources proches de l’enquête assurent qu’une seule grenade offensive aurait été lancée par les gendarmes à l’heure de la mort de Rémi Fraisse.
Lundi matin, le site militant Reporterre.net avait pourtant publié un témoignage laissant entendre que Rémi Fraisse avait été touché par une grenade lancée par les forces de l’ordre.
« Il était à 30 mètres de moi sur ma gauche, raconte au site le témoin qui déclare se prénommer Camille. Je l’ai vu se faire toucher alors qu’il y avait des explosions à côté. Ils ont envoyé des grenades explosives, des tirs de Flash-Ball. Après, cette personne s’est retrouvée à terre. »
Les jeunes occupants de la « zone à défendre » (ZAD), qui s’opposent depuis des mois de s’opposer aux travaux en grimpant dans les arbres, dénoncent régulièrement « les violences policières » dont ils sont l’objet.
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