En contradiction avec les intérêrts US
et la diplomatie de Wasghington
la nouvelle direction de Total
va-t-elle poursuivre la stratégie
de Christophe de Margerie ?
LE MONDE ECONOMIE
La présidence du groupe pétrolier français devrait être assurée par Thierry Desmarest. | AFP / MARTIN BUREAU
TOTAL A DES LIENS ÉTROITS AVEC GAZPROM
Il y a quinze ans, le mariage avec Elf Aquitaine avait permis à Total, implanté au Moyen-Orient, de s’ouvrir de nouveaux horizons en Afrique, le continent où il produit aujourd’hui le plus d’hydrocarbures avec ses plates-formes géantes au large de l’Angola et du Nigeria. Et où il devance les big oil comme ExxonMobil ou Chevron. M. de Margerie y avait de nouvelles visées, l’Ouganda, le Kenya, le Mozambique et le Tanzanie.
Mais c’est la Russie, où Total n’extrait encore que 207 000 barils équivalent pétrole par jour, qui représentait à ses yeux le plus fort potentiel. Car cet Etat-continent dispose des premières réserves d’hydrocarbures du monde et il deviendra sans doute la première source de production du groupe d’ici à 2020 grâce à des investissements majeurs comme celui de la péninsule de Iamal, dans le grand Nord russe, où le Français est associé au russe Novatek et au chinois CNPC pour le développement d’un projet de GNL.
Total a aussi des liens étroits avec Gazprom et noué un partenariat avec le groupe privé Lukoil.
Et ce n’est pas la crise ukrainienne qui réduira ses ambitions.
Ce n’était pas un hasard si M. de Margerie était coprésident du conseil économique franco-russe, et qu’il dénonçait comme « une voie sans issue » la politique de sanctions économiques contre Moscou qu’il jugeait« à la fois injustes et improductives ».
Et les concurrents BP, Shell, Exxon-Mobil, Statoil ou ENI ne désarment pas, même si certains ont dû suspendre certaines activités en raison des sanctions occidentales.
LA PRODUCTION ET LA CONSOMMATION ONT BASCULÉ VERS L’EST
La production et la consommation ont irrémédiablement basculé vers l’est : la Caspienne, le Moyen-Orient et l’Asie-Océanie. Sans oublier le raffinage, qui s’essouffle en Europe et se développe vers l’Orient : Total a fermé Dunkerque en 2010, et arrêtera probablement une autre raffinerie en 2015-2016 dans l’Hexagone ; mais il a massivement investi dans la raffinerie de Jubail, en Arabie saoudite.
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