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Source : www.rue89.com

et Aujourd’hui la Chine

La Chine interdit l’anglais
dans les publications en mandarin
Par Benoît Guivellic |

jeudi 23 décembre 2010,

par  Comité Valmy


Soucieuses de préserver la "pureté" de la langue chinoise, les autorités ont interdit l’utilisation d’anglicismes ou d’abréviations en anglais dans les publications en mandarin.

La « pureté » du mandarin est-elle menacée ? C’est en tout cas ce que pensent les législateurs chinois, qui viennent de prendre une nouvelle mesure pour protéger la langue nationale, dénaturée, selon eux, par l’utilisation courante de termes anglophones dans la presse.

"Langue chinoise", en chinois (zhong wen)

 

Selon l’Administration générale de la presse et des publications, à l’origine de la loi, l’usage fréquent de mots anglais et d’abréviations dans les textes en mandarin ont créé de la confusion et représentent des « abus de langage ».

 

Selon une note de l’administration sur son site internet, de telles pratiques « ont sévèrement endommagé les standards et la pureté de la langue chinoise et perturbé le langage harmonieux et sain et l’environnement culturel, causant un impact social négatif ».

Selon le China Daily, les publications seront donc désormais évaluées sur leur « usage standardisé des langues étrangères ».

Celles qui ne respecteront pas cette nouvelle loi seront punies.

 

Un nouveau casse-tête pour les journalistes Fini, donc, l’emploi d’abréviations telles que GDP (PIB), DNA (ADN), CPI (index des prix à la consommations), qui sont pourtant devenues courantes au sein de la population : beaucoup de Chinois les utilisent quand ils s’expriment à l’oral.

Ces abréviations sont par ailleurs bien utiles, puisque beaucoup de mots chinois ne peuvent pas être raccourcis aussi facilement qu’en anglais.

Par exemple, « produit intérieur brut » ne pourra plus s’écrire « GDP ». Les journalistes devront employer le terme chinois, « 国民生产总值 » (« guomin shengchan zongzhi »), bien plus long.

De même, les noms propres de personnes ou de villes étrangères devront être écrits dans leur traduction chinoise.

L’annonce de cette mesure a provoqué des réactions mitigées chez les professionnels. Un rédacteur déclare au China Daily, sous couvert d’anonymat :

« L’intention de protéger le chinois est bonne. Mais dans une ère de mondialisation, quand des abréviations telles que WTO [World Trade Organisation, en français OMC, ndlr] ont été largement acceptées par la population, cela pourrait être trop absolu de les éliminer de toutes les publications. »

 

Y a-t-il une « crise du chinois » ? Ce règlement intervient dans un contexte de préoccupation grandissante autour d’une supposée « crise du chinois », qui inclue également le problème d’oubli des caractères auquel sont confrontées les nouvelles générations, qui n’écrivent plus jamais à la main.

 

Selon un sondage réalisé par le China Youth Daily sur 3 269 personnes interrogées,

80% des Chinois pensent que leur langage est en crise.

52% d’entre eux estiment que la raison principale de cette crise est que « les Chinois font désormais plus attention à l’anglais qu’au chinois ».

 

Cependant, certains pensent qu’il est exagéré de parler d’une « crise ». Le chinois est en effet une langue mouvante et très variée dont les expressions diffèrent d’une région à l’autre, et se créent en permanence sur le web.

L’inclusion de termes anglais n’est elle pas la marque d’une simple évolution ?

Ma Zhuanghuan, professeur de linguistique à l’Université des Etudes Internationales de Pékin, relativise :

« Je ne pense pas que mélanger les langues dans les publications soit néfaste pour le chinois. Car il est naturel pour une langue d’être affectée par une autre dans son développement ».

 

Photo et illustration : Un militaire lit le China Daily lors de la seconde session plénière du Parti communiste chinoise, à Pékin (David Gray/Reuters) ; les caractères « zhong wen » qui signifient langue chinoise.

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Tag(s) : #Culture
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