La politique du "moindre mal" au Chili
Le candidat de la droite, l'homme d'affaires milliardaire Sebastian Piñera, est arrivé en tête de l'élection présidentielle au Chili, avec 44% des votes après le dépouillement de 98% des bulletins du scrutin de dimanche.
Dix-neuf ans après la fin de la dictature, Piñera a devancé les trois candidats d'une gauche qui se présentait aux urnes en ordre dispersé. L'ancien président démocrate-chrétien Eduardo Frei, 67 ans, candidat de la Concertation, la coalition de centre-gauche* qui gouverne le pays depuis la fin de l'ère Pinochet, a obtenu 30% des suffrages.
Un second tour opposera les deux hommes le 17 janvier prochain.
Le candidat indépendant Marco Enríquez-Ominami, qui a quitté le Parti socialiste pour tenter en solo l'aventure présidentielle, a obtenu 17% des suffrages et le candidat communiste Jorge Arrate 6%.
Si le Parti communiste a d'ores et déjà promis son soutien à Frei, pour faire barrage à la droite, ce n'est pas le cas du jeune Enriquez-Ominami, qui confirme son rôle de trublion. Il s'est refusé à tout soutien ouvert, se plaignant que les deux candidats "se ressemblent trop: ils ne représentent ni l'espoir, ni le changement, ni le futur".
Plus de huit millions de Chiliens étaient appelés aux urnes pour élire le successeur de Michelle Bachelet, toujours énormément populaire, mais que la Constitution n'autorisait pas à briguer un second mandat consécutif.
Si Piñera, âgé de 60 ans, l'emporte, il deviendra le premier président de droite au Chili depuis la fin de la dictature de Pinochet (1973-1990). Et cette alternance chilienne résonnerait comme un séisme pour une Amérique latine aujourd'hui majoritairement gouvernée à gauche.
Les Chiliens ont également élu la totalité des 120 députés et renouvelé la moitié du Sénat (38 sièges). Pour la première fois depuis le coup d'Etat de 1973, les communistes auront des sièges au parlement, alors que le petit-fils de Pinochet, Rodrigo Garcia Pinochet, a lui échoué à se faire élire. AP
* NOTE de ‘canempechepasnicolas’ :
· Edouardo Frei est donc le candidat commun, au second tour (le 17 janvier prochain), du Parti démocrates chrétien et du Parti socialiste, et le candidat du PC chilien se désiste pour le démocrate chrétien pour tenter de barrer la route à la droite…Mais les critiques de Marco Enriquez-Ominami, ex-socialiste, et critique de la politique de ce parti, considère que PS et DC « se ressemblent trop ». Aussi, ce candidat, gratifié de 17%, a, pour l’instant, refusé de se désister pour Frei.
· Une situation qui peut, se reproduire en France, en 2012…
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