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Le « sommet » de Bruxelles,

le paragraphe 26, son alinéa 4

et la souveraineté de notre peuple

par Jean LEVY

Depuis le « sommet » de Bruxelles du 26 octobre, que n’entendons-nous pas sur le « péril jaune » qui nous menace…L’Europe aurait-elle vendu son âme à l’Empire du milieu ? L’aide sollicitée par l'Union européenne auprès de la Chine pour prévenir toute faillite financière majeure, mettrait-elle en péril notre souveraineté ?

Autrement dit, les « Jaunes-Rouges » seraient ils à nos portes !

Mais ceux qui poussent ces cris d’orfraies, les socialistes et les centristes de tous bords, comme ceux qui ont signé l’accord à Bruxelles, Nicolas Sarkozy et son clan, « oublient » de nous signaler que cet accord comporte des clauses qui, elles, interdisent à chaque Etat de l’Union européenne de pratiquer une « autre politique », c’est-à-dire une politique nationale de progrès social, sans l’assentiment de l’étranger.

C’est Dominique Seux, le chroniqueur économique de France Inter, et Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen et président de l’Institut du Centre, qui révèlent publiquement* les termes de cet accord, en particulier son paragraphe 26, alinéa 4, qui précise :

«  La consultation de la Commission et des autres Etats est obligatoire avant l’adoption (par un Etat), d’une réforme majeure économique ou budgétaire ».

 Et Dominique Seux comme Jean-Louis Bourlanges, tous deux preux chevaliers fanatiques de l’Europe, de s’en féliciter.

Pour que les choses soient claires, le journaliste économique de France Inter précise que si cette disposition avait existée en 1981, ou en 1997, ni la retraite à soixante ans, ni les 35 heures, n’auraient pu voir le jour, du fait de l’opposition que ces mesures auraient rencontré de la part de la Commission européenne et des autres Etats membres.

Et d’ajouter, satisfaits, que la réforme des retraites de 2010 ne pourrait être remise en cause en 2012 pour les mêmes raisons !

Autrement dit, si le peuple de France exprimait par son vote sa volonté de se doter d’une législation sociale de progrès, les institutions européennes y mettraient leur veto.

Nicolas Sarkozy n’a soufflé mot de cette décision prise à Bruxelles, le 26 octobre, lors de son intervention télévisée du lendemain.

On comprend pourquoi.

Les ténors socialistes sont restés, eux aussi, muets sur la question. Leur motivation de leur silence est claire : comment annoncer un programme électoral dit de « rupture », si celui-ci est, par avance, déclaré nul et non avenu par la « législation » européenne.

Notons que les chefs de gouvernement socialistes espagnols et grecs, tels Zapatero et Papandréou, ont contresigné le paragraphe 26 et son alinéa 4…

Reste à connaître la position de Jean-Luc Mélenchon sur « l’oukase bruxellois », lui qui pourfend (en parole), la « dictature des milieux financiers ».

Comment pourrait-il maintenant « faire comme si » il était possible de mener une politique de progrès social dans le cadre des institutions européennes ?

Or, par sa contribution au débat** qui a suivi l’intervention présidentielle, le 27 octobre, il feint de croire possible de bâtir « une Europe sociale » au sein de l’Union européenne…

*      La « matinale » de France Inter du 31 octobre 2011

** A lire notre article et écouter la vidéo sur « canempechepasnicolas » : Le débat sur France2, avec vidéo : exorciser l'idée de rupture avec l'Union européenne

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Tag(s) : #Europe
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