LE MONDE | 05.04.2014
Le bras droit du premier ministre grec a démissionné mercredi 2 avril après la diffusion d'une vidéo filmée en caméra cachée, le montrant à l'automne 2013 en train de discuter avec le porte-parole du parti néo-nazi Aube dorée, Ilias Kassidiaris.(...)
RÉCUPÉRER LES VOIX DE L'EXTRÊME DROITE
M. Baltakos est son plus proche collaborateur depuis trente ans. Un homme connu pour ses convictions à droite de la droite, se revendiquant ouvertement anticommuniste et à l'origine, en mai 2013, de l'échec de l'adoption d'une nouvelle loi antiracisme proposée, à l'époque, par les autres partis présents dans la coalition gouvernementale pour tenter d'enrayer les attaques xénophobes d'Aube dorée.
Malgré des déclarations déjà compromettantes il y a quelques mois sur une collaboration possible du parti conservateur Nouvelle Démocratie et d'Aube dorée, Panayiotis Baltakos avait gardé toute la confiance de M. Samaras.
UNE DÉFENSE PEU CONVAINCANTE
L'ex-secrétaire général du gouvernement a tenté vendredi de se justifier : « Je leur disais parfois ce qu'ils voulaient entendre afin de gagner leur confiance et comprendre leur stratégie. » Pour mieux partir à la reconquête des « 500 000 Grecs qui votent pour eux » a précisé M. Baltakos.
Cette ligne de défense ne convainc pas l'opposition de gauche Syriza, qui appelle le premier ministre Samaras à venir s'expliquer au Parlement et exige la démission des ministres de la justice et de l'ordre public. Le fils de Panayiotis Baltakos, qui s'était mercredi précipité au bureau d'Aube dorée au sein du Parlement et s'en était physiquement pris à plusieurs de ses députés, fait l'objet d'une enquête.
Parallèlement, la justice cherche à déterminer si Ilias Kassidiaris a commis une « atteinte à la personnalité » ou une « violation des données personnelles » avec cette vidéo en caméra cachée. M. Kassidiaris menace de diffuser de nouvelles vidéos dans les jours prochains. Une façon de jeter le discrédit sur l'ensemble de la procédure judiciaire en cours à l'heure où, son immunité parlementaire venant d'être levée, il va devoir se représenter très prochainement devant les juges.
- Adéa Guillot (Athènes, correspondance)
Journaliste au Monde
"canempechepasnicolas" :
Après les néonazis de Svoboda en Ukraine, les dirigeants de l'Union européenne ne sont pas trop regardants dans leurs amitiés...Et on attend toujours la réaction de tous ceux qui en France vitupère contre les "Rouges-Bruns"...
Ils préfèrent sans doute les "Bruns-Bruns", du moment où ceux-ci sont de bons "européens"
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