Mercredi 7 septembre 2011
Le Procès de Julien (suite)
Décision le 11 octobre !
LILLE
Un militant syndical au tribunal
pour avoir bloqué des trains
DIDIER SPECQ >
Souvenons-nous du contexte du 18 octobre 2010. Une bonne partie de la France manifeste et les gares, entre autres, sont paralysées par des grèves.
Julien L., hier devant le président Bernard Lemaire, raconte :
« Une assemblée générale des cheminots lillois avait eu lieu, il avait été décidé de continuer grève et manifestations, des actions étaient prévues à la gare ».
Le président : « Mais vous n'êtes pas cheminot ? ».
Réponse du prévenu :
« Non, je suis animateur socio-culturel, les cheminots faisaient appel à la solidarité, j'étais solidaire du mouvement ».
La gare, selon la SNCF, est bloquée de 6 h 30 à 8 h 22, aucun convoi ne peut circuler car tous les trains, avec seulement quelques aiguillages bloqués, s'immobilisent sur les 17 voies de la gare terminus.
Un nouveau blocage survient de 8 h 43 à 10 h 07 mais le prévenu n'y est pas. « Vous êtes au premier rang, vous êtes armé ? » demande le président. « Pas du tout, je tiens seulement une banderole avec d'autres ».
Est-il un meneur dans cette histoire ?
« Pas du tout, je suis grand, alors on me voit bien devant » rétorque le prévenu. Malheureusement, « il existe une loi du 15 juillet 1845, qui date effectivement des débuts du chemin de fer, qui interdit de pénétrer, circuler et stationner sur les voies » note le procureur Didier Blanguernon.
Et, Dieu sait pourquoi, ce délit n'est reproché qu'à Julien L. alors que des centaines de gens ont agi de même ce jour-là à Lille-Flandres. La SNCF réclame même 45 000 euros de dommages et intérêts à l'animateur socio-culturel.
Mouvance libertaire
Il est vrai que le prévenu affiche un précédent : 500 euros d'amende pour avoir eu en sa possession une fronde dans une manifestation. « Une simple amende pour ce port d'arme de sixième catégorie ; il a été relaxé pour sa participation à une manifestation qui n'aurait pas été autorisée » clame Me Antoine Berthe.
À dire vrai, si on fait abstraction des demandes considérables de la SNCF, l'enjeu peut paraître faible si l'on s'en tient aux réquisitions très sereines du procureur Blanguernon : une amende de 1 000 euros requise.
Mais la très nombreuse assistance venue soutenir le prévenu ne s'y est pas trompée : « Mon client se situe dans la mouvance libertaire et on veut les faire taire, lui et ses camarades. Il suffirait ainsi de le poursuivre et de le faire payer jusqu'à la fin de sa vie les prétentions de la SNCF ! » proteste Me Antoine Berthe qui demande la relaxe
« C'est la liberté de manifester qui est en cause » assure l'avocat. Jugement en délibéré jusqu'au 11 octobre.
http://www.nordeclair.fr/Actualite/Justice/2011/09/07/un-manifestant-solidaire.shtml
http://cgt59.over-blog.org/article-le-proces-de-julien-suite-83630340.html
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