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« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. »
H. Krazucki
Egalement sur le site du FSC :
- Interview de Roger SILVAIN, Président du Front Syndical de Classe, dans le journal Marianne
- Contribution pour le 49ème congrès des syndicats santé et action sociale de la Loire
- 49ème congrès CGT : Résultat du vote sur le rapport d'activité de la direction confédérale sortante
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Après les mouvements massifs du premier semestre 2009, après les luttes innombrables dans l'industrie contre la casse de l'emploi et les délocalisations, les travailleurs ne désarment pas en cette fin d'année 2009.
C'est une première qu'à 15 jours de Noël, notre pays connaisse un tel développement des luttes.
La semaine dernière, la police était dans la rue et cette semaine, les transports entrent dans la lutte : routiers, conducteurs de RER, cheminots (contrôleurs et conducteurs) en grève reconductible, taxis... Les hospitaliers développent des actions contre la casse de l'hôpital public (par exemple, le CHU de Boulogne-Billancourt est en grève depuis 10 jours avec manifestation sur la voie publique) tandis que dans l'Education Nationale, une mobilisation de grande ampleur se met en place contre la désastreuse réforme Chatel et la destruction massive des emplois comme des statuts publics.
Alors que le chômage progresse et que les profits explosent, alors que 8 français sur 10 estiment leur salaire insuffisant et qu'une large majorité soutient les grèves et se déclare prête à l'action, le 49ème congrès de la CGT réuni à Nantes, profitant de la présence de militants de tout le pays et de toutes les corporations, se doit dans un tel contexte de lancer un appel à la généralisation des luttes, seule capable d'ouvrir des perspectives pour les travailleurs en mettant un coup d'arrêt à la guerre de classe que mène le grand patronat arc-bouté sur son gouvernement et son UE.
On ne peut que douter de la volonté de B. Thibault d'initier et de soutenir un tel appel alors que son invité d'honneur du jour n'est autre que John Monks, secrétaire général de la Confédération Européenne des Syndicats qui il y a un an appelait le monde du travail à défiler « pour sauver le capitalisme de lui-même » et qui il y a quelques jours saluait, entre champagne et petits fours, l'adoption contre la volonté populaire de la constitution européenne désormais appelée " traité" de Lisbonne. D'ailleurs Joël Decaillon, responsable CGT, ne vient-il pas d'être nommé secrétaire général adjoint de la CES, confirmant l'engagement de la direction confédérale au sein du syndicalisme euro-intégré et euro-financé d'accompagnement des offensives patronales ?
C'est justement au sujet de cette dérive vers l'accompagnement que la direction sortante et le secrétaire général ont subi dans la préparation du Congrès une série de critiques sérieuses et sévères de la part de nombreuses organisations de base.
Ces critiques se sont déjà exprimées avec force dans le congrès au cours du premier vote où le rapport d'activité obtient 77 % des exprimés (mais moins de 60% des inscrits car le grand nombre de syndicats ne s'étant pas exprimés ont été comptés dans les Oui...).
L'intervention de Jean-Pierre Delannoy qui conteste la réélection de Thibault au poste de secrétaire général et se propose disponible pour assumer la responsabilité, a aussi reçu un accueil chaleureux par le congrès.
Le déroulement du congrès confirme de manière frappante la coupure de l'appareil de sommet avec la base, les délégués étant frustrés d'une parole largement monopolisée par une tribune pleine d'arrogance.
Mais le congrès est souverain et dans son histoire, la CGT a toujours su prendre ses responsabilités. Le bureau du congrès qui dirige l'organisation pendant le congrès a l'occasion d'effacer les critiques et de rassembler toute l'organisation sur le terrain qui lui a toujours permis d'être la première force des travailleurs : l'unité à la base dans l'action pour gagner.
Un congrès CGT digne de ce nom ne peut qu'être branché sur les luttes ; l'heure est à l'appel à l'action générale sans laquelle il n'y aura pas d'issue face au duo Sarkozy-Parisot.
Gérard Six, secrétaire national du Front Syndical de Classe
Un communiqué de presse intersyndical sur le récent projet de réforme de la formation des enseignants, signé entre autres par la FSU, la CGT-Educ, le SGEN-CFDT et l’UNSA, et publié le 3 décembre, a suscité des réactions de forte réprobation chez les militants les plus combatifs dans le secteur de l’éducation. En effet, plutôt qu’un appel à la mobilisation, des formules telles que « journée de mobilisation pouvant se traduire par des initiatives de grèves, des rassemblements, des assemblées générales de débat, des manifestations… » débouchent en fait sur une démobilisation de la base laissée aux aléas de décisions locales.
Que des organisations comme le SGEN-CFDT ou l’UNSA s’adonnent à ce genre de faux-semblant, n’a rien de surprenant : ces mêmes organisations applaudissent des deux mains au socle commun du collège et au projet de réforme du lycée, pourtant conçus clairement comme machines à trier, formater les élèves, et à supprimer des postes.
Avec ce texte, elles envisagent sans doute de donner le change à la journée de grève du 24 novembre, à laquelle elles ont honteusement refusé de participer.
Il est plus inquiétant, en revanche, de voir des syndicats de la FSU s’engouffrer, encore une fois au nom de l’unité à tout prix, dans un texte de compromis qui expose des revendications au rabais par rapport aux mandats qu’ils se sont donnés. Que penser, par exemple, de la demande de « dispositifs d’accompagnement financier » pour les étudiants, qui laisse de côté la forte exigence de pré-recrutements massifs pour pallier l’allongement des études ?
Pire, revendiquer « une année de fonctionnaire-stagiaire qui comporte au moins un mi-temps pour la poursuite de la formation professionnelle » signifie qu’on se bat pour… un recul ! (les stagiaires passent actuellement 60% de leur temps en formation ; le SNES exigeant pour sa part 2/3 du temps consacré à la formation).
Ce dernier avatar d’un syndicalisme rassemblé sur la base du « moins-disant » nous rappelle la nécessité de lier l’analyse de classe de la politique éducative menée par le gouvernement Sarkozy, et la stratégie syndicale à lui opposer.
L'attaque contre l'enseignement public est nationale et même européenne puisque sur le fond, Sarkozy et Châtel mettent en musique avec empressement le processus de Lisbonne et la feuille de route de l'Union européenne sommant la France de réduire les dépenses publiques UTILES (pour celles qui servent à financer les banques et le grand patronat, il n'y a pas de problème "européen").
Ce n'est donc pas « université par université », « centre de recherche par centre de recherche » "lycée par lycée" et "école primaire par école primaire" que les personnels doivent entrer dans l'action en émoussant leur combativité, en épuisant leurs finances et leur crédibilité envers les élèves, mais TOUS ENSEMBLE ET EN MEME TEMPS comme ne cesse de le demander le Front syndical de classe.
Le but ne doit pas être de "marquer le mécontentement", car ce gouvernement anti-laïque et ultrapatronal n'en a cure, mais de construire une action déterminée à gagner.
Ils doivent en outre le faire en ayant la consigne claire de contacter partout leurs homologues des autres services publics, eux aussi cassés par la construction européenne et par la "rupture" sarkozyste.
Notre pays, notamment les acquis de la Libération et du Front populaire, mais aussi la loi de 1905 sur la laïcité, est méthodiquement cassé. On attend des syndicats enseignants, notamment de la FSU, qu'ils commencent par dire la vérité sur cette casse géante en situant la destruction commencée de l'EN dans le cadre du démontage général des acquis républicains et des salaires programmé de longue date et commandité par l'Europe et par le MEDEF.
On attend d'eux qu'ils cessent d'amuser la galerie avec de pseudo-négociations avec ce gouvernement ultra-réactionnaire qui réactive l'idéologie pétainiste et pourchasse indignement les immigrés au moment même où il démolit la France des travailleurs. Ils doivent désormais dire clairement que la casse des statuts (RGPP, harcèlement institutionnel contre les personnels en souffrance instaurée en méthode de "management") et des concours n'est pas négociable: au nom de la mastérisation supposée « élever le niveau de formation » et de la promesse illusoire d'une augmentation du pouvoir d'achat en tout début de carrière, il ne s'agit que d’esclavagiser les futurs enseignants qui, recrutés sans statut ni concours, seraient, comme à France-Télécom, non plus fonctionnaires mais salariés précaires à vie, soumis au seul bon vouloir de leurs « chefs d'entreprise ».
Plus que jamais le FSC invite les syndicalistes combatifs de l'EN, qui ont été le fer de lance des luttes de 2003 contre la casse des retraites et des luttes de 2006 contre le CPE, à se regrouper, à se lier "en bas" avec les syndicalistes CGT de lutte.
C'est seulement ainsi que l'on pourra stopper la dérive des syndicats enseignants et sauver l'Education nationale et ses personnels de la "France-Télécomisation" générale qui les menace !
FSC, mercredi 9 décembre 2009
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