TEXTE REPRIS
sur
Sauvons l'Ecole Publique
un rapport CONTRE
l’école publique !
L'Institut Montaigne est un think-tank (réservoir d'idées) français ultra-libéral. Créé en 2000 par Claude Bébéar, président d'honneur du groupe AXA, et dirigé par François Rachline, professeur d'économie à Sciences Po Paris, il regroupe des cadres dirigeants d'entreprises, des hauts-fonctionnaires, des universitaires et des représentants de la société civile. Il veut apporter l'expertise des milieux d'affaire et des économistes ralliés à leurs thèses sur les enjeux de long terme (principalement en matière de politiques publiques)
Note de "canempechepasnicolas"[1]
Depuis mercredi 5 mai au matin, l’école primaire occupe une part de l’actualité : articles dans la presse (Le Monde, Le Parisien, Le Télégramme...), reportages radiophoniques.
De nouveau l’école primaire est critiquée. Cette fois-ci, c’est par un rapport de l’Institut Montaigne, un think tank soutenu par des entreprises dont le président du comité directeur n’est autre que le président d’honneur d’un groupe d’assurances. [1] Selon cet Institut, l’école serait responsable de la dégradation du niveau moyen des écoliers et aggraverait les inégalités sociales. Des positions de principes, qu’aucune réflexion sérieuse, qu’aucune preuve ne vient véritablement étayer.
Le nouveau rapport « Vaincre l’échec à l’école primaire » [2] s’inscrit dans la logique de réforme libérale de l’Education par le gouvernement. L’institut en question propose d’agir sur la réorganisation des cycles, la réduction du doublement et le soutien aux élèves en difficulté, le temps et le rythme scolaires (semaine de 5 jours, vacances d’été raccourcies…), le métier d’enseignant (notamment : une formation en alternance dès la licence). Ces questions méritent d’être débattues — ce que l’Institut n’envisage évidemment pas. Le plus important étant de faire évoluer l’école vers le modèle de l’entreprise, à grand renfort de constats « volontairement » alarmistes qui laissent croire que l’école s’en va à vau-l’eau.
En effet, la formation des enseignants, déjà grandement dégradée par la réforme actuelle, est dans leur collimateur : l’Institut préconise une formation continue hors temps de travail, une revalorisation pour rendre le métier plus attrayant, des postes spécifiques de direction pour du management d’équipes… Deux titres de chapitres y sont particulièrement éloquents : « Comment fabriquer un maître efficace » et « Quels modes de gouvernance et de pilotage ». Selon les auteurs du rapport, l’école deviendra plus efficace grâce à un bon management, grâce à la diffusion de la culture du résultat ; ils plaident pour une transformation de l’école qui se calquerait sur le fonctionnement du collège : il conviendrait de créer un corps hiérarchique intermédiaire (les directeurs d’école seraient dotés d’un statut) et transformer les écoles en EPEP. [3]
L’enjeu n’est pas de « vaincre l’échec à l’école primaire ».
Si tel était le cas, parole serait donnée aux acteurs de terrain qui savent l’importance d’une scolarisation précoce dans de bonnes conditions, la nécessité d’une formation initiale et continue des enseignants de qualité, et qui demandent, à l’opposé des stratégies managériales, des temps de concertation et de travail en équipe, des moyens enfin à la hauteur des besoins de leurs élèves…
Autant d’exigences que le rapport n’évoque même pas.
[1] voir le site de l’Institut Montaigne à http://www.institutmontaigne.org/co...
Comité directeur
[2] http://www.institutmontaigne.org/me...
[3] Dans une précédente publication intitulée « Vers des établissements scolaires autonomes » (novembre 2001), il préconisait déjà la mise en place de ce qu’on appelle maintenant les EPEP. Dans le rapport d’avril 2010, on trouve les propositions suivantes : « Proposition n° 10 : Prendre le décret d’application pour la création d’établissements publics d’enseignement primaire (EPEP) expérimentaux tel que prévu par la loi relative aux libertés et responsabilités locales du 13 août 2004. Proposition n° 11 : Sélectionner et former des directeurs d’écoles de qualité exerçant un réel pouvoir de pilotage de leur établissement ».
- Président : Claude Bébéar, Président d'honneur, Groupe Axa
- Président d'honneur : Bernard de La Rochefoucauld, Fondateur, Institut La Boétie
- Vice-président et trésorier : Henri Lachmann, Président du Conseil de surveillance, Schneider Electric
- Directeur général : François Rachline, Professeur d'économie, Sciences Po
- Nicolas Baverez, Economiste, avocat
- Jacques Bentz, Président, Tecnet Participations
- Guy Carcassonne, Professeur de droit public, Université Paris X-Nanterre
- Christian Forestier, Membre du Haut Conseil de l'éducation, administrateur général, CNAM
- Michel Godet, Professeur, CNAM
- Françoise Holder, Présidente du Conseil de surveillance, Paul, administrateur, Groupe Holder
- Ana Palacio, Ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères
- Jean-Paul Tran Thiet, Avocat associé, White & Case
- Philippe Wahl, Directeur général France, Belgique et Luxembourg, Royal Bank of Scotland (RBS)
- Lionel Zinsou, Président du Comité Exécutif, PAI partners
- Président : Ezra Suleiman, Professeur, Princeton University
- Henri Berestycki, Mathématicien, EHESS et université de Chicago
- Loraine Donnedieu de Vabres, Avocate, associée gérante, cabinet Jeantet et Associés
- Roger-Pol Droit, Philosophe, chercheur, CNRS
- Jean-Paul Fitoussi, Professeur des Universités, Sciences Po, président, OFCE
- Marion Guillou, Présidente, Inra, présidente du Conseil d'administration, École polytechnique
- Pierre Godé, Président de sociétés
- Sophie Pedder, Correspondante à Paris, The Economist
- Guillaume Pepy, Président, SNCF
- Hélène Rey, Professeur d'économie, London Business
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