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Socialisme ou barbarie ? Tout le monde ne comprend pas immédiatement la pertinence de cette alternative. Elle est brutale, c’est vrai. Elle se compose de deux réels qui paraissent, au regard du citoyen occidental, à peu près sûr de vivre dans un juste milieu, ou même injuste, mais toujours au milieu, deux réels donc, qui paraissent lointains, extrêmes. Socialisme comme barbarie.
La barbarie, c’est le capitalisme poussé au bout de ses contradictions, le fascisme disait-on. Aujourd’hui, on cherche encore de quoi ce présent est-il le nom. Les guerres impérialistes et le pillage peuvent prendre le nom d’humanitaires. Les expulsions d’étrangers et leur stigmatisation voisinent poliment avec les droits de l’homme. Les reculs évidents, casse des retraites et des services publics, entre autres, portent bourgeoisement le nom de réformes. On va collectivement à la catastrophe, et dans le brouhaha de la consommation, dans la confusion du divertissement, on ne trouve pas les mots pour la dire.
Bien que le socialisme soit nécessaire, et parce que manifestement nous n’y sommes pas préparés, il apparaît que la barbarie possède une longueur d’avance. Au moins. Les mobilisations populaires, aujourd’hui contre la casse de nos retraites, sont les conditions premières. Il s’agit de faire reculer les forces du chaos, de dégager la possibilité d’entrevoir un autre futur.
Elles ont un mérite, ces mobilisations, un mérite considérable, car elles se produisent en l’absence de toute perspective politique. Le socialisme – et il est bien sûr évident que nous ne parlons pas de l’étrange épithète qui poursuit le parti de Strauss-Kahn et Royal – le socialisme se débat entre ceux qui n’en finissent pas de l’enterrer, d’autres qui ne peuvent que le diviser, et nous tous qui l’attendons sans trop le savoir.
Il est urgent, pour avoir une chance de vaincre le dégoût, la résignation, le défaitisme qui gagnent, en profondeur les classes populaires, et sont les ingrédients du passage à la barbarie où nous mène les capitalistes, de retrouver un soubassement à nos colères.
Nous tenterons, dans ce créneau rare d’expression qui porte le nom de Radio Campus, de nous donner le temps d’un peu de profondeur. Ce mercredi, nous nous entretiendrons avec Danielle Bleitrach, en direct de Marseille. Parce qu’elle inscrit son combat dans cette urgence, et parce que son blog est une véritable mine. Et même, disons-le, par affection.
Et, vous le verrez, cela s’enchaînera très bien, nous diffuserons ensuite notre Semaine à Cuba, programme partagé avec nous par Radio Habana.
Ah, au fait, voici quelques lectures :
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