UNE NOUVELLE « OPERATION »
DE ‘FRANCAFRIQUE’ A ABIDJAN ?
par Jean LEVY
Ce mercredi 22 décembre, France Culture, dans son bulletin d’information de 12h30, nous apprend que Nicolas Sarkozy, a présidé, ce matin une réunion consacrée à la Côte d’Ivoire en présence du Chef d’Etat Major des Armées…Cette précision donne tout son sens à ce « briffing ». Et, le porte-parole du Gouvernement, François Baroin annonce qu’il est demandé à la « colonie française » d’Abidjan de quitter provisoirement le pays…
Or, aucune menace ne pèse sur cette communauté, aucune violence n’est faite à ses membres. Si cela avait été le cas, nul doute que l’information aurait fait la ‘Une’ des médias. Nous savons aussi que, outre les soldats français de l’opération Licorne, la force militaire de l’ONU sur place, (dix mille hommes et davantage, si besoin est), n’aurait pas « la liberté de mouvement » qui lui est dévolue, bloquée par des barrages ivoiriens. C’est ce qu’expliquent nos journalistes…
Simultanément, des dépêches d’agences font état de l’extrême intérêt porté par l’Europe et l’Otan à l’ancienne colonie française.
Ainsi, d’une part, la Côte d'Ivoire est aujourd'hui à l'ordre du jour du COPS, le Comité politique et de Sécurité de l'Union européenne. .
Eventualité qui n’est pas faite pour nous rassurer.
D’autre part, l'équipage du navire de ravitaillement néerlandais Hr. Ms Amsterdam qui était sur le chemin du retour, après une mission anti-piraterie au sein des forces de l'OTAN (Ocean Shield) comme européenne (EUNAVFOR Atalanta) ne fêtera pas Noël à la maison, comme prévu.
Il a reçu l'ordre de se dérouter vers la Côte d'Ivoire.
De plus, Guillaume Soro, Premier ministre du gouvernement d'Alassane Ouattara, a appelé ce mercredi, lors d'un entretien sur la chaîne française i-Télé, la communauté internationale à recourir à la force contre Laurent Gbagbo.:
"Après toute la pression internationale et les sanctions qui n'ont pas produit d'effet sur M. Gbagbo, il est évident qu'il n'y a qu'une solution qui reste, celle de la force", a-t-il déclaré. "Je demande au Conseil de sécurité des Nations unies, à l'Union européenne, à l'Union africaine et à la Cedeao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) d'envisager la force".
Car selon lui, "la situation sécuritaire est très préoccupante" en Côte d'Ivoire.
Tous ces bruits de bottes sont inquiétants.
S’agirait-il de renouveler une « opération », de déstabilisation et d’intervention militaire telle que Françafrique en menait sur le continent noir depuis cinquante ans ?
Cette fois, l’initiative pourrait se faire conjointement entre la France, l’Union Européenne et les Etats-Unis, au nom de la défense des « intérêts » occidentaux et, bien entendu, de la Démocratie.
Médiatiquement, elle pourrait être effectuée sous la bannière de l’ONU.
Mais qui autorise un ou plusieurs Etats à intervenir militairement à l’intérieur des frontières d’un Etat souverain ?
Leur maintien, et plus encore leur intervention, ne seraient qu’ingérence intolérable et brigandage colonialiste.
Pour tous les sceptiques, il suffit qu’ils visionnent le documentaire de France 2*, sur la Françafrique. Ils mesureront l’étendue des crimes d’Etat commis par les autorités de notre pays pendant cinquante ans…
On ne prête qu’aux riches !
* Voir les articles de « canempechepasnicolas » sur la question
De la Françafrique à la Côte d’Ivoire par Jean LEVY
http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-de-la-francafrique-a-la-cote-d-ivoire-par-jean-levy-63337000.html/
Infrarouge : La Françafrique ou le système de contrôle des anciennes colonies françaises : les "hommes" de "Françafrique"
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