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Le Club de Mediapart

Par rapport aux spéculations hasardeuses des instituts de sondages sur le classement des candidats à la présidentielle, leur audience sur le web et leur impact sur les réseaux sociaux sont des indicateurs précieux pour mesurer l’évolution de l’opinion politique. Ce billet décrit l’état actuel des données numériques pour les cinq principaux candidats.

Benoît Hamon deviendra dimanche soir très probablement le candidat du parti socialiste à la présidentielle. Sans attendre l’issue de la primaire socialiste, observateurs et acteurs ont spéculé sur les préférences supposées des électeurs et attribué la cinquième place à Benoît Hamon.

Rares sont les journalistes comme Nicolas Chapuis, chef du service politique du Monde à observer que « ces calculs un peu simplistes ne valent pas grand-chose face à la dynamique d’une campagne (…) tout peut changer en trois mois de campagne ». L’audience des cinq principaux candidats sur le web et leur impact sur les réseaux sociaux seront des indicateurs précieux pour mesurer l’évolution de l’opinion politique. Ce billet décrit l’état actuel des données numériques pour les cinq principaux candidats.

Audience des sites des candidats

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Le site de Jean-Luc Mélenchon obtient clairement l’audience la plus forte. Mais il mène campagne depuis longtemps et bénéficie du soutien d’un groupe de sympathisants acquis de façon quasi religieuse à sa cause. Emmanuel Macron le suit à la deuxième place, bien aidé par les médias. Par rapport à ces deux candidats, le site de Benoît Hamon se classe à un rang honorable. Le classement est très provisoire. Marine Le Pen n’a pas vraiment commencé sa campagne, François Fillon est également plus ou moins en stand by depuis la fin de la primaire de la droite.

Impact sur les réseaux sociaux

Rappelons une nouvelle fois que la communication sur les « social media » se mesure de trois façons : l’audience, l’activité et l’engagement. L’audience mesure le nombre total de fans, de followers, d’abonnés acquis à une date donnée. Elle dépend souvent de l’activité passée. Le pouvoir par exemple génère beaucoup de « fans » et de « followers ». C’est la limite des données d’audience, qui a un effet stock important. L’audience de Manuel Valls ne lui a pas permis de l’emporter sur Benoît Hamon. L’activité rend compte du nombre de posts, tweets et vidéos, et mesure l’activité de communication d’un acteur politique sur les réseaux sociaux au cours des 7 jours écoulés glissants. L’engagement, enfin, évalue le nombre de « j’aime », de « partage », de « retweets » et de commentaires constatés également au cours des 7 derniers jours. Parce qu’il mesure l’impact d’une communication politique, l’engagement est l’indicateur le plus significatif. Ce sont les données d’engagement qui ont permis d’entrevoir la victoire de F. Fillon à la primaire de la droite, d’Alexander Van der Bellen à la présidentielle autrichienne, et celle de Benoît Hamon dans la primaire socialiste.

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Les données d’audience, c.à.d le nombre de fans, followers, abonnés ici à la date du 25 janvier est le stock accumulé qui dépend beaucoup du passé.  Marine le Pen domine assez nettement, sauf sur YouTube où la chaîne de Jean-Luc Mélenchon n’a pas (encore ?) de vrais concurrents. Emmanuel Macron a su se faire assez rapidement un capital d’amis. Le détail par réseau permet toutefois de dessiner une domination moins éclatante surtout pour Facebook et Twitter.

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Les données d’activité et d’engagement dessinent une configuration différente. Du 19 au 25 janvier, Benoît Hamon est le candidat le plus actif à produire des posts, tweets, vidéos. Bien entendu la campagne de la primaire explique en partie ces données, mais son activisme peut perdurer. Il n’y a que sur Twitter que Jean-Luc Mélenchon s’active davantage.

Mais c’est l’engagement, c.à.d. les like, partages, retweets, réponses, commentaires, comme on ne le répètera jamais assez, qui mesure le mieux l’impact de la communication politique des candidats

Jean-Luc Mélenchon écrase les données d’ensemble grâce aux nombreuses interactions qu’il suscite sur sa chaîne YouTube, le réseau qui produit le plus d’interactions. Sur Facebook et Twitter, c’est Marine Le Pen qui a l’impact le plus fort. Sur ces deux réseaux, les données des cinq candidats sont par ailleurs plus comparables. L’engagement autour François Fillon a faibli depuis la primaire de la droite mais reste à un niveau presque équivalent à celui de Benoit Hamon. Le peuple de droite était plus mobilisé que le peuple de gauche pour les primaires. De façon un peu surprenante, E. Macron suscitent des interactions assez modestes.  

Au final, ces données indiquent que la présidentielle ne paraît pas jouée. En trois mois, beaucoup de choses peuvent bouger. Marine Le Pen ne manquera pas de se manifester à l’issue de la primaire socialiste, Benoît Hamon tentera de prolonger la dynamique de sa primaire. François Fillon essayera de renouer avec la sienne, s’il surmonte du moins le « PenelopeGate ». Jean-Luc Mélenchon continuera sur sa lancée, mais dans un contexte différent. E. Macron ne manquera probablement pas de mieux investir l’arène numérique.

Bien malin qui peut prédire le classement final du premier tour de la présidentielle. Les sondages n’ont que peu de valeur, à droite, au centre et à gauche. En tout état de cause les données numériques mettent très clairement en évidence que le classement de B. Hamon, E. Macron et J.-L. Mélenchon est très incertain contrairement à ce que prétendent les sondages spéculatifs sur leurs côtes respectives. Les électeurs n’ont eu de cesse de surprendre les sondeurs, il n’y a aucune raison que cela ne continue pas. Les données numériques seront une mine d’informations pour mesurer l’évolution de leur intérêt pour chacun des candidats.

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Tag(s) : #Politique française