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Philippe Martinez presque aussi impopulaire qu'Emmanuel Macron

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L'éviction sans ménagement d'un responsable accusé de viol par une militante aura été la "goutte d'eau" : à un an de son 53e Congrès, la CGT est en proie à des tensions grandissantes, nombre de responsables dénonçant le manque de démocratie interne et le bilan selon eux peu reluisant de l'actuelle direction.

Porte-parole de la CGT Val-de-Marne, Benjamin Amar a été démis de ses mandats nationaux à la suite de la plainte d'une membre de la centrale syndicale pour "viol, agression sexuelle, torture et actes de barbarie", selon les termes d'un communiqué de la confédération le 22 février.

Sur les réseaux sociaux, cette figure médiatique du syndicat a clamé son innocence et dénoncé une "cabale, que la direction de la CGT instrumentalise opportunément". Il n'a pour l'instant pas été entendu par les enquêteurs de la police judiciaire, malgré les relances de son avocat, Me Jérôme Karsenti.

Ancien numéro un de la puissante fédération des services publics, Baptiste Talbot a été le seul membre de la commission exécutive confédérale (CEC) de la CGT à voter contre la procédure de suspension de M. Amar. Il a démissionné le 9 mars de cette instance, dénonçant une procédure de suspension "précipitée" et pointant plus généralement le "dysfonctionnement" de la CEC "au plan démocratique". Dans un lettre ouverte adressée aux membres du syndicat, il a appelé, à un peu plus d'un an du congrès de la CGT (27 au 31 mars 2023), à un "ressaisissement collectif de l'organisation, dont personne ne peut aujourd'hui nier qu'elle traverse au plan interne une période difficile lourde de menaces".

Jeudi, la fédération des services publics a envoyé à l'ensemble des dirigeants de la CGT une lettre où elle apporte son soutien à Baptiste Talbot, "tant sur un plan personnel que s'agissant du sens politique de sa démarche". Elle y demande que "les conditions de l'organisation du débat démocratique au plan confédéral" fassent l'objet d'une discussion lors du comité confédéral national des 10 et 11 mai.

Pour Romain Altmann (Info'com CGT), la démission de Baptiste Talbot "illustre de nombreuses problématiques et débats non réglés dans la CGT". "Le départ (du secrétaire général) Philippe Martinez devient urgent, sauf à vouloir continuer le déclin en cours de la CGT", affirme-t-il à l'AFP. Autrefois premier syndicat de France, la CGT a abandonné ce titre à la CFDT en 2018, privé et public confondus, et elle a encore perdu du terrain dans le privé, selon les chiffres de la mesure de l'audience syndicale publiés en mai 2021.

"Reprendre le flambeau"

D'autres patrons de fédérations ne cachent pas depuis plusieurs mois leur désir de voir la CGT changer d'orientation, voire de direction, qu'il s'agisse de Sébastien Menesplier (énergie), Emmanuel Lépine (chimie) ou Laurent Brun (cheminots).

Les uns et les autres participeront à une journée de manifestation interprofessionnelle le 31 mars, initialement à l'appel de la fédération des services publics.

"La journée du 31 a été organisée par les fédérations contestataires. C'est une coalition qui voit le jour", décrypte Romain Altmann. Au pôle des opposants habituels s'est jointe la fédération des cheminots, "ça s'élargit et ça s'unit", souligne-t-il.

Les organisateurs reprochent à la direction confédérale une forme d'attentisme, à l'heure où la possible réélection d'Emmanuel Macron serait porteuse de "mauvaises nouvelles" pour les salariés.

Cette journée fédère "tous ceux qui considèrent qu'avant l'élection présidentielle il faut que la CGT agisse, qu'elle ne reste pas les bras croisés jusqu'au 1er mai", explique Sébastien Menesplier. La date n'ayant pas été retenue par la confédération, "on s'est dit qu'on allait faire sans eux", dit-il.

"Quand la confédération est un peu fatiguée pour impulser l'action, on est là pour reprendre le flambeau", corrobore Emmanuel Lépine.

Sous couvert d'anonymat, un responsable CGT reproche à la centrale d'être "totalement inaudible" dans la campagne présidentielle. La manifestation du 17 mars pour les salaires, qui a réuni moins de 80.000 participants selon la CGT, "c'est un four !", assène-t-il. Proche de Philippe Martinez, Boris Plazzi relativise le poids de ces critiques. "Il y a du débat dans notre organisation (...). Philippe Martinez est secrétaire général jusqu'à nouvel ordre", balaye-t-il. Contacté par l'AFP, ce dernier n'a pas réagi.

 
 
 
 
 
 

 

 
Tag(s) : #CGT
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