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TEXTE REPRIS SUR
EL DIABLO

Venezuela : une nouvelle loi qui protège les travailleurs

Mais encore insuffisante, selon les syndicats

Loi organique du travail (LOT) au Venezuela:
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Avancées et insuffisances
d'une réforme progressiste du code du travail

Chaque nouvelle réforme du code du travail, en France et en Europe plus largement, sont autant d'occasions de remettre en cause les acquis de décennies de luttes du mouvement ouvrier. Au Venezuela et dans une grande partie du continent latino-américain, chaque réforme apporte de nouvelles protections aux travailleurs de ces pays.

Certes, le Venezuela part de très loin après plusieurs décennies de dictatures et de politiques ultralibérales qui ont fait de ce pays, au moment de l'accession d'Hugo Chavez en 1999, un des pays où les inégalités et les taux de pauvreté étaient les plus élevés au monde.

La nouvelle Loi organique du Travail (LOT) promulguée lors de la Journée des travailleurs, le 1er mai, permet de réelles avancées dans les conditions de travail des travailleurs du secteur privé comme du secteur public.

Réduction du temps de travail avec la semaine de travail à 40 heures et obligation du respect de deux jours de repos consécutifs ; réaffirmation de lastabilité de l'emploi, avec pénalisation des licenciements sans motif valable et interdiction de la sous-traitance ; de nouveaux droits, comme le congé maternel universel, six semaines avant la naissance et vingt après.

Le président Chavez s'est empressé de qualifier ce nouveau code du travail de« loi qui restera dans l'histoire ». Une loi « libératrice » qui selon le leader de la révolution bolivarienne est la consécration de décennies de luttes du peuple vénézuélien :

« Si on remet cette loi en perspective, aucun acquis des peuples, des travailleurs et des travailleurs n'a été possible sans un long processus de résistance, de lutte et même de souffrances ».

Il a finalement conclu en se plaçant résolument du côté des travailleurs :

« Ils ont en moi un allié inconditionnel. Nous sommes en train de construire une nouvelle culture du travail et de la responsabilité. Tant que je serai en vie, ils peuvent me considérer comme un travailleur comme un autre. J'ai pris le parti des travailleurs ».

Les communistes et les syndicats soulignent les « avancées et les insuffisances » de ce nouveau Code du travail et appellent à poursuivre la lutte

Fidèles à leur position de meilleur allié du président Chavez mais aussi de force critique dans la perspective de la révolution socialiste et du pouvoir ouvrier, les communistes du PCV ont à la fois salué les avancées de ce texte mais aussi ses insuffisances par rapport aux espoirs qu'il a suscité.

« On constate en effet que la nouvelle Loi organique du travail des travailleurs et travailleuses est un instrument qui comporte d'importantes conquêtes pour les travailleurs vénézuéliens, tout en révélant des manques tout aussi importants, et sans répondre à toutes les attentes exprimées dans les débats préalables », a souligné le secrétaire du PCV Oscar Figuera.

Il a également rappelé que par rapport à l'objectif socialiste, l'aménagement des conditions d'exploitation en système capitaliste ne peut jamais satisfaire les communistes mais qu'il constitue un point d'appui pour la construction de la société future :

« Les communistes ne peuvent jamais totalement se satisfaire de ce qui est fait dans le cadre d'une société capitaliste, nous ne nous en satisfaisons jamais. Nous faisons toujours un effort pour aller encore plus loin de ce qui peut être obtenu dans le cadre étroit d'une société capitaliste. Car notre objectif est bien de détruire le capitalisme et de construire une société socialiste », a-t-il ajouté.

Le dirigeant communiste a enfin insisté sur le fait que seule la lutte et l'organisation syndicale et politique des travailleurs sera en mesure d'inverser le rapport de force entre capital et travail au Venezuela :

« Il n'est pas concevable que dans chaque lieu de travail, on trouvera un fonctionnaire du Ministère du Travail pour vérifier si le patronat respecte telle ou telle norme, il nous faut sur place un groupe de travailleurs organisés, qui connaissent leurs droits, capables d'en découdre devant les instances correspondantes pour forcer le patron à respecter la Loi ».

Le syndicat de classe UNETE, dirigé par le communiste Pedro Eusse, un des deux principaux syndicats vénézuéliens – avec la CTV, anti-chaviste et syndicat de collaboration – caractérise cette loi comme « une victoire partielle ».

« Nous savons que des conquêtes et des avancées ont été obtenues, mais nous n'avons pas encore gagné les éléments suffisants qui nous permettent de faire de la classe ouvrière la classe dirigeante du processus révolutionnaire », analyse Pedro Eusse.

Nous n'avons pas encore conquis le socialisme et le président Chavez a dit quelque chose de très juste : non seulement les patrons privés violent les droits des travailleurs, mais la bureaucratie aussi porte chaque jour atteinte à nos droits les plus élémentaires ».

Le dirigeant syndical communiste conclut son analyse par un appel à la lutte pour inverser le rapport de force et faire reconnaître ses droits élémentaires :

« Cela ne se quémande pas, cela se conquiert par la prise de conscience et par la lutte ».

Article AC                                                                                                                   

Source : "Solidarité Internationale PCF" 

 

 

Tag(s) : #Lutte de Classe
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