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Sous le titre « Si on parlait du vrai prix des relocalisations et du protectionnisme ?",  un intervenant sur RT France veut prouver que produire en France serait ruineux pour la France et les Français. Et l'auteur d'énumérer les facteurs de hausses tant pour notre économie que pour les citoyens, nés de la fabrication sur notre sol des biens de consommation recherchés.
 

Certes, ceux-ci sont pour partie des achats "low cost", à bas prix, pour répondre, dit l'auteur au choix des consommateurs qui  recherchent du bas de gamme pour payer moins cher. Certes, le pouvoir d'achat de dizaines de millions de salariés, les retraites servies aux seniors, les allocations aux dépourvus d'emploi, font qu'une majorité de familles sont contraintes de rechercher " le moins cher" possible, pas par choix, par nécessité.

Une autre politique industrielle ne peut se concevoir sans révision du modèle économique et social imposé depuis trente ans par les tenants du capitalisme financier et les forcenés du libre marché concurrentiel, politique édictée à Bruxelles sous couvert de directives de l'Union européenne.

Nous en venons donc au coût pour le consommateur et à l'impact réel qu'aurait sur notre marché  intérieur la relocalisation de l'outil industriel. Qui dit production doit signifier "qualité label France", ce qui permettrait de rivaliser avec les concurrents étrangers et, donc, exporter. Quant à nos propres acheteurs, qui oserait dire qu'ils préféreraient le bas de gamme à un produit de haute qualité, qui est fait pour durer et qu'on peut facilement réparer, même à un prix plus élevé ?

Nous en venons donc au coût pour l'économie française.

Le choix des gouvernements depuis la signature du traité de Maastricht, signifiait l'abandon de l'outil l'industriel national – au profit de l'Allemagne - et le tourisme de masse comme source de revenu de notre pays. La France était vouée à devenir  "le bronze-cul" de l'Europe. On mesure aujourd'hui ses effets. 

Fabriquer à nouveau en France les produits français essentiels ,en nombre et en qualité, suppose une main d'oeuvre nombreuse et qualifiée. Certes, le prix de l'abandon, en 1992, de notre industrie s'est naturellement doublé de la perte d'un savoir faire national qu'il faudra retrouver. Des écoles, des chantiers seront nécessaires pour former des ouvriers et des ingénieurs hautement qualifiés.

Mais venons-en au coût financier  de cette réindustrialisation. Nous avons admis que les marchandises ainsi produites sur notre sol  pourraient être d'un prix plus élevé à l'achat.

Mais voyons l'autre face du problème.

L'appel massif à une main d'oeuvre qualifiée signifie dans tous les secteurs d'activité une réduction drastique du chômage, avec donc un pouvoir d'achat globalement en hausse. 

Outre l'aspect social de cette reconversion, mesurons en termes financiers une réindustrialisation du pays :

Fabriquer en France des produits français, en nombre et en qualité, suppose une main d'oeuvre nouvelle, nombreuse et qualifiée. Cela veut dire d'un côté, de moins en moins d'allocations chômage et de RSA versées, et de l'autre, un salaire social retrouvé en faveur des retraites et de la sécurité sociale, ce qui renflouerait  les organismes qui les gèrent et permettrait d'élargir leur champ d'action.

Double aubaine pour le budget de l'état.

En clair, la réindustrialisation de la France, outre l'impact décisif sur sa souveraineté, serait une bonne opération pour la France et les Français.

 

Jean LEVY


 

 

Tag(s) : #Amérique latine Brésil

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