Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Le pape, devant l’ensemble des évêques de France, a condamné sans appel le « divorce » et les « divorcés » :

"L'Eglise, qui ne peut s'opposer à la volonté du Christ, maintient fermement le principe de l'indissolubilité du mariage", s'adressant à 170 évêques et cardinaux dans une salle des Sanctuaires, à propos des catholiques divorcés et remariés, qui, selon le droit canon, sont interdits de communion pendant la messe.

Et d’ajouter, avec la même fermeté :

« on ne pouvait donc admettre les initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes", alors que dans un certain nombre de paroisses de France, des prêtres proposent des bénédictions pour les divorcés remariés et acceptent de leur donner la communion ».
Mais avec le Ciel, on peut avoir des ‘accommodements’.

Benoît est, avec Nicolas, en relation d’affaires, la « laïcité positive » à substituer à la loi qui régit la France, depuis 1905. Aussi, suivez mon regard, le souverain Pontife, a modulé sa condamnation :

Benoît XVI a cependant estimé que « l'Eglise devait entourer "de la plus grande affection ceux et celles qui ne parviennent pas à respecter" ce principe, admettant qu'il s'agissait d'une "question particulièrement douloureuse".

Paris vaut bien un peu d’eau dans le vin de messe !

Passons donc aux choses sérieuses, celles sur lesquelles pape et président sont d’accord. Chacun se souvient des propos tenus à Rome par Nicola Sarkozy, promu « chanoine d’honneur de Saint-Jean de Latran ». C’était à Rome, il y a neuf mois. Le temps d’accoucher ses vues personnelles sur la laïcité.

Celles que Benoît XVI reprend aujourd’hui, à son compte :

"la mise en évidence des racines chrétiennes de la France (qui) permettra à chacun des habitants de ce pays de mieux comprendre d'où il vient et où il va",

Et les conclusions qu’il en tire :

« Dans le cadre institutionnel existant et dans le plus grand respect des lois en vigueur, il faudrait trouver une voie nouvelle pour interpréter et vivre au quotidien les valeurs fondamentales sur lesquelles s'est construite l'identité de la nation ».

 

On ne peut pas être plus clair.

La nation ne s’est pas révélée par la levée en masse et par le sursaut populaire à Valmy, en 1792. Elle est le produit, pour le pape, de la conjonction du trône et de l’autel.

Nicolas Sarkozy n’a pas dit autre chose, à Latran :

« C’est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l‘Église. Les faits sont là. En faisant de Clovis le premier souverain chrétien, cet événement a eu des conséquences importantes sur le destin de la France et sur la christianisation de l’Europe. A de multiples reprises ensuite, tout au long de son histoire, les souverains français ont eu l’occasion de manifester la profondeur de l’attachement qui les liait à l’Eglise et aux successeurs de Pierre. Ce fut le cas de la conquête par Pépin le Bref des premiers États pontificaux ou de la création auprès du Pape de notre plus ancienne représentation diplomatique ».

« Les racines chrétiennes de la France sont aussi visibles dans ces symboles que sont les Pieux établissements, la messe annuelle de la Sainte-Lucie et celle de la chapelle Sainte-Pétronille. Et puis il y a bien sûr cette tradition qui fait du Président de la République française le chanoine d’honneur de Saint-Jean de Latran. Saint-Jean de Latran, ce n’est pas rien. C’est la cathédrale du Pape, c’est la « tête et la mère de toutes les églises de Rome et du monde », c’est une église chère au cœur des Romains. Que la France soit liée à l’Eglise catholique par ce titre symbolique, c’est la trace de cette histoire commune où le christianisme a beaucoup compté pour la France et la France beaucoup compté pour le christianisme ».

 

Et après avoir donné un coup de chapeau à la laïcité, le président de la République reprend :

« La laïcité ne saurait être la négation du passé. Elle n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. Comme Benoît XVI, je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture, contre ce mélange d’histoire, de patrimoine, d’art et de traditions populaires, qui imprègne si profondément notre manière de vivre et de penser. Arracher la racine, c’est perdre la signification, c’est affaiblir le ciment de l’identité nationale, et dessécher davantage encore les rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire ».

 

Les Français ont bonne mémoire.

Du passé, ne faisons pas table rase. Sur ce point, notre chanoine d’honneur a raison.

Mais qui dit « passé » en matière de religion, de la catholique en ce qui concerne la France, il ne faut pas passer sous silence les procès en sorcellerie, l’inquisition, les bûchers qui ont jalonné la route empruntée par l’Eglise, lorsque celle-ci était puissante, dominatrice, liée au pouvoir absolu.

Nicolas Sarkozy gomme le massacre de la Saint-Barthélemy, les Croisades sanglantes contre les impies, le martyre d’Etienne Dolet et de bien d’autres grands noms de la pensée libre, le soutien permanent aux tyrans qui ont gouverné notre pays, le rejet des comédiens, tel Molière, qui n’avaient pas droit aux saints sacrements. Est-ce là l’apport « culturel » de la religion catholique à notre pays, à son histoire ? Pour les Albigeois, l’Eglise c’est Simon de Montfort et son « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

 

Nicolas Sarkozy regrette sans doute de ne pouvoir compter d’un tel soutien pour maintenir le peuple en soumission, comme une « gendarmerie des âmes ».

Mais le Président est-il même sincère dans ses homélies ?

Faut-il croire à ses envolées lyriques sur la morale ?

On pourrait en douter quand on lit dans le texte de Saint Jean de Latran :

« Mais ce que j’ai le plus à cœur de vous dire, c’est que dans ce monde paradoxal, obsédé par le confort matériel, tout en étant chaque jour de plus en plus en quête de sens et d’identité, la France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient ».

 

Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Bernard Arnaud, Arnaud Lagardère, ont du bien rigoler, en pensant au « Fouquet’s », aux croisières maltaises, aux Rolex de leur ami Sarkozy.

Tag(s) : #Histoire