Mercredi 11 juin 2008

Chacun connaît la phobie du Monde à l'égard de certains Etats et de diverses forces politiques étrangères. Le quotidien voit "rouge" (c'est une façon de parler), dès qu'il est question de l'Iran, et spécialement de son président, Mahmoud Ahmadinejad, de la Russie de Poutine, de la Lybie du colonel Kadhafi, de la Chine populaire, du Hezbollah de Hassan Nasrallah.
Aussi, le lecteur attentif a dû être fortement surpris à la lecture de la page 17 (intitulée Débats),  du Monde, daté du 12 juin.
Le titre d'un article semble s'adresser au journal, comme un reproche :
"Regardons la Chine à l'endroit", suivi de :
"L'envers du décor - politique et social - ne doit pas occulter un développement sans précédent".
Les auteurs, Michel Godet, professeur au CNAM, et Francis Mer, ancien ministre de l'Economie (qu'on ne peut taxer de "populisme", ni, à priori, de sympathie pour le régime de Pékin !), reviennent d'un voyage d'étude dans l'Empire du Milieu . Après avoir rendu hommage à la pomptitude et à l'efficacité des secours mis en oeuvre par le gouvernement face à la catastrophe provoquée par le tremblement de terre du Sichuan, ils ironisent sur "nos médias bien-pensants qui s'inquiètent aujourd'hui de la Chine".
Répondant aux critiques méprisantes et apitoyées des esthètes, qui regrettent la destruction des vieux quartiers des cités impériales, Michel Godet et Francis Mer écrivent :
"Déjà, New-York fait pâle figure comparée à l'incroyable Shanghaï, où les gratte-ciel poussent comme des champignons de toutes les couleurs en se lançant des défis de beauté architecturale. De la dictature communiste, il reste l'autorité centrale qui impose et organise l'économie socialiste (ou plutôt impériale) de marché. Elle permet en efffet de raser d'un coup des quartiers insalubres, mais pour les remplacer par des immeubles en hauteur de bonne facture avec tout le confort moderne, à commencer par la climatisation".
On entend d'ici les propos grinçants des censeurs qui intiment l'ordre aux voyageurs de parler plutôt de la Chine intérieure, où la misère suinterait en tous lieux !
Justement, nos narrateurs y viennent :
"Même dans la Chine profonde, les magasins regorgent de produits de base et de superflu, et les policiers rencontrés, comme partout ailleurs dans le monde, sont plutôt rares et généralement équipés seulement d'un téléphone portable".
Après voir rappelé que la Chine "n'est plus un pays sous-développé" (le PIB par habitant atteignait, en 2006,  7500 dollars - dix fois plus qu'en 1980), les auteurs de l'article insistent sur les progrès foudroyants de l'économie chinoise, et de ses répercussions sur le quotidien des habitants. Ainsi, ils signalent que "les Chinois nous aurons rattrapés avant 2030. Ils nous devancent déjà en ce qui concerne les deux-roues : à Shanghaï et illeurs, les vélos et les scooters sont silencieux car électriques". Et d'ajouter :
"Ce formidable effort d'investissement dans les infrastructures et les équipements collectifs a été rendu possible grâce à une épargne équivalente à 40% du PIB et entièrement canalisée par le système bancaire d'Etat".
Après avoir reconnu que le développement économique "profite surtout à la Chine du littoral (qui, avec 14% de l'espace, concentre 43% de la population (cela représente toutefois plus de six cents millions d'habitants !), alors que celle de l'Ouest, où ne vivent que 11% des Chinois, ne dispose que 7% du PIB), Michel Godet et Francis Mer abordent la question du Tibet. Sur ce sujet, après avoir rappelé que cette région fait partie intégrante de la Chine depuis le XIIe siècle, ils notent que la population (92% de Tibétains), est passée de 1,1 million en 1951 à 2,8 aujourd'hui "grâce à la baisse de la mortalité infantile".
Enfin, les auteurs constatent que le régime reconnaît "les coutumes et les droits des 55 minorités qui représentent seulement cent millions d'habitants sur un total de 1,3 milliard".

Certes, on peut contester les affirmations et les chiffres donnés dans cet article.
On peut discuter des appréciations qui s'y trouvent.
Mais les éléments avancés par eux, et par bien d'autres sources, devraient conduire  Le Monde à être plus circonspect dans ses jugements négatifs et sommaires de la réalité chinoise et davantage pluraliste en ce qui concerne les opinions exprimées à ce sujet, et pas seulement dans la page Débats.
Cela vaut pour la Chine, bien sûr, mais aussi vis-à-vis des autres pays dont le régime déplait au quotidien.
La crédibilité du Monde s'en trouverait améliorée.
Mais c'est peut-être trop demander au journal ? 

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mardi 10 juin 2008
LA RÉUNION DES BILDERBERG
« Ville de Chantilly, État de la Virginie, États-Unis »
Du 5 au 8 juin 2008
Liste des participants (par ordre alphabétique)

Par Prison Planet
Vendredi le 6 juin 2008



Président d'Honneur : 
BELGIQUE "Davignon, Etienne" "Vice-président, Suez-Tractebel"

ALLEMAGNE "Ackermann, Josef" "Président du conseil d'administration et
du Comité exécutif de la Deutsche Bank AG"

CANADA "Adams, John" sous-ministre adjoint de la Défense nationale et
chef de la sécurité des communications du Canada

ÉTATS-UNIS "Ajami, Fouad" "Directeur du programme d'études sur le
Moyen-Orient pour le "Paul H. Nitze School of Advanced International
Studies, » à l'université Johns Hopkins

ÉTATS-UNIS "Alexander, Keith B." "Directeur de l'Agence de sécurité
nationale"

INTERNATIONAL "Almunia, Joaquín" "Commissaire de la Commission
européenne"

GRÈCE "Alogoskoufis, George" Ministre de l'Économie et des Finances

ÉTATS-UNIS "Altman, Roger C." "Président de Evercore Partners Inc"

TURQUIE "Babacan, Ali" Ministre des Affaires étrangères

PAYS-BAS "Balkenende, Jan Peter" Premier ministre

PORTUGAL "Balsemão, Francisco Pinto" "Président et chef de la direction
chez IMPRESA et SGPS, et ancien Premier ministre"

FRANCE "Baverez, Nicolas" "Associé chez Gibson, Dunn & Crutcher LLP"

ITALIE "Bernabè, Franco" "Directeur général de Telecom Italia SpA"

ÉTATS-UNIS "Bernanke, Ben S." "Président du Conseil des gouverneurs,
Federal Reserve System"

SUÈDE "Bildt, Carl" Ministre des Affaires étrangères

FINLANDE "Blåfield, Antti" "Éditorialiste, Helsingin Sanomat"

DANEMARK "Bosse, Stine" "Directeur général chez TrygVesta"

CANADA "Brodie, Ian" "Chef de cabinet du premier ministre canadien
Stephen Harper"

AUTRICHE "Bronner, Oscar" "Éditeur et rédacteur, Der Standard"

FRANCE "Castries, Henri de" Président du conseil d'administration et chef
de la direction, AXA "

ESPAGNE "Cebrián, Juan Luis" "Directeur général, PRISA"

CANADA "Clark, Edmund" "Président directeur général, Groupe Financier
Banque TD"

GRANDE-BRETAGNE "Clarke, Kenneth" Membre de Parlement

NORVÈGE "Clemet, Kristin" "Directeur général, Civita"

ÉTATS-UNIS "Collins, Timothy C." "Directeur général, Ripplewood Holdings,
LLC"

FRANCE "Collomb, Bertrand" "Président d'Honneur, Lafarge"

PORTUGAL "Costa, António" Maire de Lisbonne

ÉTATS-UNIS "Crocker, Chester A." James R. Schlesinger, professeur
d'études stratégiques

ÉTATS-UNIS "Daschle, Thomas A." Ancien sénateur des États-Unis et chef
de la majorité du Sénat

CANADA "Desmarais, Jr., Paul" "Président et co-directeur général, Power
Corporation

GRÈCE "Diamantopoulou, Anna" Membre de Parlement

ÉTATS-UNIS "Donilon, Thomas E." "Associé chez O'Melveny & Myers"

ITALIE "Draghi, Mario" "Gouverneur, la Banca d'Italia"

AUTRICHE "Ederer, Brigitte" "Directeur général, Siemens AG Österreich"

CANADA "Edwards, N. Murray" "Vice-Président, Candian Natural Resources
Limited"

DANEMARK "Eldrup, Anders" "Président, DONG A/S"

ITALIE "Elkann, John" "Vice-président, Fiat S.p.A."

ÉTATS-UNIS "Farah, Martha J." "Directeur du Centre de neurosciences
cognitives; Walter H. Annenberg, professeur dans les sciences naturelles,
Université de Pennsylvanie"

ÉTATS-UNIS "Feldstein, Martin S." "Président directeur général, National
Bureau of Economic Research"

ALLEMAGNE "Fischer, Joschka" Ancien ministre des Affaires étrangères

ÉTATS-UNIS "Ford, Jr., Harold E." Vice-président, Merill Lynch & Co., Inc"

SUISSE "Forstmoser, Peter " Professeur de Droit civil, corporatif et des
marchés de capitaux à l'université de Zurich "

IRLANDE "Gallagher, Paul" Procureur général

ÉTATS-UNIS "Geithner, Timothy F." "Président directeur général, Federal
Reserve Bank of New York"

ÉTATS-UNIS "Gigot, Paul" "Éditeur de la page éditoriale, The Wall Street
Journal"

IRLANDE "Gleeson, Dermot" Président, AIB Group"

PAYS-BAS "Goddijn, Harold" "Chef de la direction, TomTom"

TURQUIE "Gögüs, Zeynep" "Journaliste, fondateur, EurActiv.com.tr"

ÉTATS-UNIS "Graham, Donald E." "Président et directeur général, The
Washington Post Company"

PAYS-BAS "Halberstadt, Victor" "Professeur d'économie, Université de
Leiden; Ancien Secrétaire général honoraire aux Bilderberg Meetings»

ÉTATS-UNIS "Holbrooke, Richard C." "Vice-président, Perseus, LLC"

FINLANDE "Honkapohja, Seppo" Membres du conseil d'administration de la
Banque de Finlande"

INTERNATIONAL "Hoop Scheffer, Jaap G. de" Secrétaire général de l'OTAN" 

ÉTATS-UNIS "Hubbard, Allan B." "Président, E & A Industries, Inc"

BELGIQUE "Huyghebaert, Jan" "Président du conseil d'administration, KBC
Group"

ALLEMAGNE "Ischinger, Wolfgang" Ancien ambassadeur au Royaume-Uni et aux États-Unis

ÉTATS-UNIS Jacobs, Kenneth "" Vice-Président, Chef de Lazard U.S.,
Lazard Frères & Co. LLC "

ÉTATS-UNIS "Johnson, James A." Vice-président, Perseus LLC" (L'homme  chargé de sélectionner le colistier de Barak Obama)

SUÈDE
"Johnstone, Tom" Président directeur général, AB SKF"

ÉTATS-UNIS " Jordan, Jr., Vernon E." "Directeur général, Lazard Frères &
Co. LLC"

FRANCE "Jouyet, Jean-Pierre" Ministre des affaires européennes

GRANDE-BRETAGNE "Kerr, John" "Membre de la Chambre des Lords; Vice-
président, Royal Dutch Shell plc."

ÉTATS-UNIS "Kissinger, Henry A." "Président, Kissinger Associates, Inc"

ALLEMAGNE "Klaeden, Eckart von" Porte-parole de la politique étrangère,
CDU/CSU"

ÉTATS-UNIS "Kleinfeld, Klaus" "Le président et chef de l'exploitation, Alcoa"

TURQUIE "Koç, Mustafa" "Président, Koç Holding A.S."

FRANCE "Kodmani, Bassma" "Directeur, Initiative de réforme arabe"

ÉTATS-UNIS "Kravis, Henry R." Associé fondateur de Kohlberg Kravis
Roberts & Co."

ÉTATS-UNIS "Kravis, Marie-Josée" Chargée de recherche, Hudson Institute,
Inc"

INTERNATIONAL "Kroes, Neelie" Commissaire, Commission européenne"

POLOGNE "Kwasniewski, Aleksander" Ancien président

AUTRICHE "Leitner, Wolfgang" "Directeur général, Andritz AG»

ESPAGNE "León Gross, Bernardino" "Secrétaire général, Bureau du Premier
ministre"

INTERNATIONAL "Mandelson, Peter" "Commissaire européenne"

FRANCE "Margerie, Christophe de" Directeur général, Total "

CANADA "Martin, Roger" "Doyen à la "Joseph L. Rotman School of
Management," de l'université de Toronto"

HONGRIE "Martonyi, János" "professeur de droit commercial international;
Partner, Baker & McKenzie; Ancien ministre des Affaires étrangères"

ÉTATS-UNIS "Mathews, Jessica T." "Président, Carnegie Endowment for
International Peace"

INTERNATIONAL "McCreevy, Charlie" "Commissaire, Commission
européenne"

ÉTATS-UNIS "McDonough, William J." »Vice-président et conseiller spécial
auprès du Président, Merrill Lynch & Co., Inc"

CANADA "McKenna, Frank" "vice-président, Groupe Financier Banque TD"

GRANDE-BRETAGNE "McKillop, Tom" "Président, The Royal Bank of
Scotland Group"

FRANCE "Montbrial, Thierry de" "Président, Institut français des relations
internationales
"

ITALIE "Monti, Mario" "Président, Universita Commerciale Luigi Bocconi"

ÉTATS-UNIS "Mundie, Craig J." "Chef de la recherche et de la stratégie,
Microsoft Corporation"

NORVÈGE "Myklebust, Egil" "Ancien président du conseil d'administration
SAS, Norsk Hydro ASA"

ALLEMAGNE "Nass, Matthias" "Rédacteur en chef adjoint, Die Zeit"

PAYS-BAS "Sa Majesté la Reine des Pays-Bas"

FRANCE "Ockrent, Christine" "Directrice générale des services de télévision
et de la radio française internationale"

FINLANDE "Ollila, Jorma" "Président, Royal Dutch Shell plc"

SUÈDE "Olofsson, Maud" Ministre de l'Entreprise et de l'énergie; Vice-
premier Ministre

PAYS-BAS "Le Prince d'Orange des Pays-Bas"

GRANDE-GRETAGNE "Osborne, George" Shadow chancellor of the
Exchequer

TURQUIE "Öztrak, Faik" Membre de Parlement

ITALIE "Padoa-Schioppa, Tommaso" Ancien ministre des Finances,
président de Notre Europe

GRÈCE "Papahelas, Alexis" "Journaliste, Kathimerini"

GRÈCE "Papalexopoulos, Dimitris" "Directeur général, Titan Cement Co.
S.A."

ÉTATS-UNIS "Paulson, Jr., Henry M." Secrétaire du Trésor

ÉTATS-UNIS "Pearl, Frank H." "Président directeur général, Perseus, LLC"

ÉTATS-UNIS "Perle, Richard N." "Resident chercheur, American Enterprise
Institute for Public Policy Research"

FRANCE "Pérol, François" Secrétaire général adjoint chargé des Affaires
économiques


ALLEMAGNE "Perthes, Volker" "Directeur, Stiftung Wissenschaft und Politik"

BELGIQUE "Le Prince Philippe"

CANADA "Prichard, J. Robert S." "Président directeur général, Torstar
Corporation"

CANADA "Reisman, Heather M." "Président directeur général, Indigo Books
& Music Inc"

ÉTATS-UNIS "Rice, Condoleezza" Secrétaire d'État

PORTO RICO "de Rio, Rui" Maire de Porto

ÉTATS-UNIS "Rockefeller, David" "Ancien président, Chase Manhattan
Bank"

ESPAGNE "Rodriguez Inciarte, Matias" "Vice-président exécutif, Grupo
Santander"

ÉTATS-UNIS "Rose, Charlie" "Producteur, Rose Communications"

DANEMARK "Rose, Flemming" "Éditeur, Jyllands Posten"

ÉTATS-UNIS "Ross, Dennis B." "Conseiller et chercheur distingué, The
Washington Institute for Near East Policy"

ÉTATS-UNIS "Rubin, Barnett R." "Directeur des études et chercheur, Center
for International Cooperation, Université de New York"

TURQUIE "Sahenk, Ferit" "Président, Dogus Holding A.S."

ÉTATS-UNIS "Sanford, Mark" Gouverneur de la Caroline du Sud

ÉTATS-UNIS "Schmidt, Eric" "Président du Comité exécutif et directeur
général de Google"

AUTRICHE "Scholten, Rudolf" "Membre du conseil d'administration et
directeur exécutif, Oesterreichische Kontrollbank AG"

DANEMARK "Schur, H. Fritz" Fritz Schur Gruppen

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE "Schwarzenberg, Karel" Ministre des Affaires
étrangères

ÉTATS-UNIS "Sebelius, Kathleen" Gouverneur du Kansas

ÉTATS-UNIS "Shultz, George P." "Thomas W. et Susan B. Ford
Distinguished Fellow, Hoover Institution, Stanford University"

ESPAGNE "Sa Majesté la Reine d'Espagne"

SUISSE Spillmann, Markus "" Rédacteur en chef et chef du conseil de
direction, Neue Zürcher Zeitung AG "

ÉTATS-UNIS "Summers, Lawrence H." "Charles W. Eliot, Professeur à
l'université Harvard"

GRANDE-BRETAGNE "Taylor, J. Martin" "Président, Syngenta International
AG"

ÉTATS-UNIS "Thiel, Peter A." "Président, Clarium Capital Management, LLC"

PAYS-BAS "Timmermans, Frans" Ministre des Affaires européennes

RUSSIE "Trenin, Dmitri V." Vice-directeur et associé principal, Centre
Carnegie de Moscou"

INTERNATIONAL "Trichet, Jean-Claude" "Président, Banque centrale
européenne"

ÉTATS-UNIS "Vakil, Sanam" "Professeur adjoint de la Middle East Studies,
à la « The Paul H. Nitze School of Advanced International Studies, » à
l'université Johns Hopkins"

FRANCE "Valls, Manuel" Membre de Parlement

GRÈCE "Varvitsiotis, Thomas" "Co-fondateur et président, V + O
Communication"

SUISSE Vasella, Daniel L. " "Président directeur général, Novartis AG"

FINLANDE "Väyrynen, Raimo" "Directeur, Institut finlandais des affaires
internationales"

FRANCE "Védrine, Hubert" Hubert Védrine Conseil

NORVÈGE "Vollebaek, Knut" "Haut Commissaire pour les minorités
nationales, l'OSCE"

SUÈDE "Wallenberg, Jacob" "Président, Investor AB"

ÉTATS-UNIS "Weber, J. Vin" "Directeur général, Clark & Weinstock"

ÉTATS-UNIS "Wolfensohn, James D." "Président, Wolfensohn & Company,
LLC"

ÉTATS-UNIS "Wolfowitz, Paul" "Visiting Scholar, American Enterprise
Institute for Public Policy Research"

INTERNATIONAL "Zoellick, Robert B." "Président, The World Bank Group "

Secrétaires de la rencontre :
GRANDE-BRETAGNE "Bredow, Vendeline von" "Correspondant d'affaires,
The Economist"
GRANDE-BRETAGNE "Wooldridge, Adrian D." "Correspondant aux affaires
étrangères, The Economist"


Traduit par Dany Quirion pour Alter Info

Source :
http://prisonplanet.com/articles/june2008/060608_b_list.htm

Samedi 07 Juin 2008
danyquirion@videotron.ca

  http://www.sosfrance.com/Bilderberg/protection.jpg

 


 


par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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Mardi 10 juin 2008


Les sommités du groupe de Bilderberg nomment le colistier de Barack Obama

Vendredi 23 mai 2008

Il a été annoncé que les sommités de Bilderberg et l'élitiste James A. Johnson sélectionneront le colistier du candidat démocrate Barack Obama pour l'élection de 2008 ; ils agiront ainsi potentiellement comme faiseurs de roi du futur président des Etats-Unis.
Johnson avait également choisi John Edwards comme colistier de John Kerry en 2004 après qu'Edwards ait impressionné les membres du groupe Bilderberg, Henry Kissinger et David Rockefeller, avec un discours qu'il avait donné à la conférence du groupe en Italie cette année.
Ces informations mettent à mal l'idée selon laquelle Bilderberg ne serait qu'un café du commerce où aucune décision ne serait prise. En réalité, ce groupe est en train de forger une partie des principales évolutions de l'arène domestique et géopolitique de nos jours, en particulier dans le contexte actuel des prix du pétrole qui continuent à monter vers l'objectif fixé par Bilderberg du baril à 200 $.
Cela contredit également toute hypothèse qu'une présidence d'Obama apporterait un changement au statu quo selon lequel les Etats-Unis seraient dirigés par une élite non élue issue de multinationales et du complexe militaro-industriel.
« L'ancien PDG de Fannie Mae, Jim Johnson, a été invité par le sénateur Barack Obama jeudi à commencer la recherche d'un candidat viable pour la vice-présidence, » écrit le Trans World News.
« Johnson et Obama commencent la recherche top secrète alors qu'Obama se rapproche de l'investiture démocrate. Johnson a fait la même chose pour le candidat Kerry en 2004 et Walter Mondale en 1984. »
Le compte-rendu liste Johnson comme un membre des «amis américains de Bilderberg », qui est une ramification du groupe de Bilderberg vers l'extérieur, et qui a accepté des donations de la fondation Ford afin de financer les rencontres du groupe Bilderberg dans des hôtels somptueux exclusivement réservés pendant 3 jours à des tarifs très onéreux.
L'organisation est fondamentalement un comité de pilotage pour le groupe Bilderberg - un secrétariat aux avant-postes par lequel les conférences Bilderberg sont organisées.
Johnson a également directement participé à des réunions du groupe Bilderberg et peut donc être classé comme une sommité du groupe. Il a assisté l'an dernier à la réunion d'Istanbul en Turquie.
Johnson est aussi « vice-président de la banque privée Perseus LLC, un poste qu'il occupe depuis 2001. Il est également membre du directoire de Goldman Sachs, Gannett Company, inc., un groupe de médias, KB Home - une entreprise de construction de logements, Target
Corporation, Temple-Inland, et le groupe UnitedHealth

Comme on pouvait s'y attendre, il est aussi membre de la Commission Trilatérale, et du Comité aux affaires étrangères.

Ce serait la deuxième élection présidentielle dans laquelle le groupe Bilderberg aura joué un rôle pour le choix du colistier du candidat démocrate.
En 2004, il a été dit que le discours de John Edwards à la conférence de Bilderberg en Italie avait été un facteur clef de sa sélection comme numéro deux de John Kerry. Les participants de cette conférence de Bilderberg ont même violé les règles du groupe en applaudissant Edwards à la fin d'un discours qu'il adonné aux élitistes au sujet des politiques américaines.
Malgré le fait qu'Edwards était en concurrence féroce avec environ une vingtaine d'autres sérieux candidats pour la place de numéro deux, l'approbation de son action par le groupe Bilderberg après son discours a retourné la situation. Johnson choisit lui-même Edwards à la faveur d'un changement de décision de dernière minute alors que Dick Gephardt avait une position assurée. Le New York Post avait même annoncé que Gephardt avait été choisi comme numéro deux et que des auto-collants étaient en train d'être installés sur les véhicules de campagne avant qu'Edwards ne soit nommé comme numéro 2.
Kerry s'en est allé perdre les élections contre son confrère des Skull and Bones, George W. Bush, mais avec Obama ayant une avance de 8 points sur le candidat républicain John McCain, ce choix du colistier est d'autant plus important, sachant que le sélectionné a une chance de devenir président en 2012.
Bilderberg a prouvé par le passé avoir la capacité de faiseurs de rois. Bill Clinton et Tony Blair ont assisté à des réunions de Bilderberg au début des années 90 avant de devenir respectivement président et
premier ministre.

Source:
http://www.prisonplanet.com/articles/may2008/052308_bilderberg_luminar

y.htm

par Jean Lévy
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Mardi 10 juin 2008

Le baron Ernest-Antoine Seillière, chef de la famille de Wendel, effectue donc la mutation de son entreprise : d'industrielle, elle devient financière.
En 2003, il préside le holding Wendel-Investissement. Cette société achète et vend des entreprises, prend des participations dans d'autres. Puis il les cède avec une confortable plus-value. Ainsi, Wendel-Investissement acquiert une large participation dans Legrand, l'un des leaders du matériel élecrique, et en 2004, rachéte Editis à Lagardère pour 600 millions d'euros.
Editis est le numéro deux
 de l'édition. Il regroupe, entre autres, La Découverte, les Presses de la Cité, Belfond, Plon, Bordas, Perrin, Le Robert...Cette opération trouve sa raison d'être en 2008. Cette année donc, Seillière revend Editis à la société espagnole Planeta. Wendel empoche, à cette occasion, une plus-value de 324 millions d'euros, que se partagent 14 dirigeants, le baron s'en réservant personnellement 79 millions !
La répartition de cette mâne spéculative a provoqué des remous. La propre cousine de Seillière, Sophie Levine Boegner, administratrice de la société crie au scandale et demande réparation. La réponse du patron de Wendel vaut le détour:
"Ma seule passion, depuis trente-deux ans, est la réussite de de Wendel, au service de sa famille et des actionnaires !".
On mesure là combien l'intérêt général est pris en compte par les capitalistes. Beaucoup n'ont plus en  vue la production de richesses, mais leur propre enrichissement. La spéculation est devenue l'essentiel de leur activité.
C'est sans doute la raison de l'accession d'Ernest-Antoine Seillière à la tête du CNPF, succédant à Jean Gandois en 1997, poste qu'il occupera jusqu'en 2005 - le Medef s'étant substitué entre temps au CNPF - remplacé alors par Laurence Parisot. S'il quitte la direction du syndicat patronal, c'est pour diriger l'UNICE, devenu depuis Business Europe.
Tout un programme.
Mais Seillière ne limite pas son activité à ces responsabilités patronales.
Faisant partie de "l'élite" française, européenne et mondiale,  il se devait, comme ses pairs, de faire partie du Groupe Bilderberg et de la société Le Siècle, où il retrouve dans ces clubs de milliardaires, les plus grands financiers, leurs hommes-liges de la politique et des médias.

Tel est le monde où nous vivons.
"Ils" appellent çà, la "démocratie" !

par Jean Lévy publié dans : Lutte de Classe
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Mardi 10 juin 2008

Le baron Ernest-Antoine Seillière de Laborde et sa société d'investissement Wendel-Investissement, devenue simplement Wendel, font ces temps-ci la Une de l'actualité financière.
Mais faisons d'abord connaissance avec l'histoire de la famille de Wendel.

D'une famille établie à Coblence en 1605, Jean-Martin Wendel fait l'acquisition des forges de la Rodolphe, à Hayange, en 1704. Il devient le premier "maître de forges", sous l'Ancien régime. La famille étend son emprise métallurgique, avec Ignace de Wendel, fondateur  du Creusot. Naturellement, les de Wendel émigrent sous la Révolution. Leurs biens, dont les forges d'Hayange, sont vendus comme 'biens nationaux'.
En 1804, François de Wendel revient en France, par la grâce de Napoléon Ier, et rachète Hayange. Au XIXe siècle, la sidérurgie lorraine, dominée par les de Wendel, atteint un développement considérable.
En 1871, Hayange fait partie des territoires lorrains annexés par l'Allemagne. Cet épisode ne nuit pas à la famille de Wendel, dont deux membres seront élus au Reichstag. Cela n'empêche pas l'industriel de fonder, en France même, les usines de Joeuf. Le profit s'ajoute et ne connaît pas de frontières.
Au XXe siècle, les de Wendel connaîssent leur apogée. François est élu député, puis sénateur. Il préside le bien connu Comité des Forges et devient l'un des régents de la Banque de France.
Il fait partie des "200 familles" qui font la loi dans notre IIIe République.
L'Occupation ne reduit pas, au contraire, les activités industrielles de la famille de Wendel. Sa production alimente la machine de guerre allemande...et les profits de la firme !
Après guerre, la sidérurgie française poursuit sa collaboration avec la sidérurgie d'outre-Rhin dans le cadre de  la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA). 
De Wendel fusionne avec Sollac, puis Sacilor, sous le nom de Wendel-Sacilor, puis de Sacilor en 1964.
A la fin des années 70, la sidérurgie française est sacrifiée sur l'autel de l'Europe.
En 1981, Sacilor en déclin,  est nationalisée. En 1986, elle opére une fusion avec Usinor, qui sera privatisé en 1995.
En 2002, Arcelor regroupera Usinor, l'espagnol Aceralia et le Luxembourgeois Arbed, ensemble qui sera repris par l'indien Mittal en 2007. 
L'industrie n'intéresse plus de Wendel. Le profit maximum est ailleurs.
Le chef de famille, le baron Ernest-Antoine Seillière (de Laborde, par sa bisaïeule) se tourne délibérément vers la finance.

Demain, nous examinerons cette nouvelle activité, des plus lucratives, du baron et ses autres responsabilités.

par Jean Lévy publié dans : Lutte de Classe
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Lundi 9 juin 2008

De Monville Aymeric
 

Le philosophe et les liquidateurs 

Sur :
"De quoi Sarkozy est-il le nom ?"
 d’Alain Badiou

  On parle beaucoup, dans les médias, y compris L’Humanité, et jusque dans certaines sections du parti, du dernier livre d’Alain Badiou.
C’est un pamphlet qui répond aux lois du genre mais qui ne saurait pallier le manque d’analyse politique. Qualifier Sarkozy d’ « homme au rat » en référence à Freud et aux hiérarques du PS qui ont quitté le navire, est tout à fait cocasse. Montrer les points communs de l’idéologie dominante avec celle de Vichy n’est pas sans pertinence. Mais tout cela ne saurait constituer une étude des forces en présence. L’idée d’un front commun contre le Président actuel s’est imposée dans la gauche comme un lieu commun, d’où le succès du livre. Mais l’on devrait se méfier des évidences et des incantations. D’autant qu’une simple comparaison avec un pays proche, nous montre que l’anti-berlusconisme conçu comme alpha et omega du discours oppositionnel a eu pour conséquence de donner un blanc-seing au social-libéralisme italien. A ce compte, la stratégie d’union à tout prix contre la droite s’est soldée par la dilution des partis communistes et un virage à droite de toute la société italienne.

L’ « hypothèse » communiste
 
        Mais la raison du succès du livre en milieu communiste tient aussi au fait qu’un penseur de l’envergure médiatique de Badiou – intellectuel français le plus lu à l’étranger – revendique le terme de communisme. L’on ne saurait pourtant louer un auteur pour le simple emploi d’un signifiant.  

D’autant que le communisme selon Badiou se réduit à une « hypothèse », l’« idée pure de l’égalité ». Et notre auteur tient « absolument [à] distinguer cet usage du mot, du sens entièrement usé aujourd’hui, de l’adjectif ‘communiste’ dans les expressions comme ‘partis communistes’, ‘monde communiste’, pour ne rien dire de ‘Etat communiste’, qui est un oxymore auquel on a prudemment et logiquement préféré l’obscur syntagme ‘Etat socialiste’[sic]».
Et ce constat péremptoire n’est que le prélude à un long réquisitoire digne d’un inventaire à la Prévert : « Le marxisme, le mouvement ouvrier, la démocratie de masse, le léninisme, le Parti du prolétariat, l’Etat socialiste, toutes ces inventions remarquables du XXe siècle [sic], ne nous sont plus réellement utiles. Dans l’ordre de la théorie, elles doivent certes être connues et méditées. Mais dans l’ordre de la politique, elles sont devenues impraticables. »  

Passons sur la figure imposée, par le ballet médiatique, de l’abjuration du marxisme. Il est savoureux de noter que le « communisme » de Badiou consiste ici à se poser gravement la question de l’utilité du mouvement ouvrier ou du parti du prolétariat pour « nous » (qui est ce « nous » ?) et non pour les ouvriers eux-mêmes. Il est vrai qu’il est en cela parfaitement cohérent avec le gauchisme bourgeois de 68. Ce rapport utilitariste avec le mouvement ouvrier ou la « masse » l’ayant manifestement déçu, Badiou, le héraut de « l’idée pure de l’égalité », peut désormais les jeter comme un kleenex, c’est-à-dire, selon ses propres termes, les cantonner à « l’ordre de la théorie » pour mieux leur retirer désormais le droit à l’expression politique. Ainsi se précise ce « nous » dont parle Badiou : le petit clerc qui joue au philosophe-roi dans la République platonicienne… des lettres. En plus de faire table rase du communisme dans les formes qu’il a pu prendre jusqu’alors, Badiou prétend le réinventer da capo dans la solitude démiurgique du cinquième arrondissement, sous peine de tomber dans le stalinisme ou l’étatisme. Etatisme qu’il traque jusque dans le « crétinisme parlementaire » et les élections « piège à cons » puisque, en bon gauchiste, il conçoit la démocratie formelle non comme le produit imparfait d’un rapport de forces à un stade déterminé de l’évolution historique, mais comme une mascarade pure et simple. On l’aura compris : affranchie du mouvement ouvrier, la révolution doit rester un combat d’idées pures entre universitaires. Il ne reste plus qu’à prendre le maquis, dans la cour intérieure de la rue d’Ulm sans doute. Badiou n’a pas froid aux yeux ; il déclare crânement dans une interview[1] qu’à l’instar de Wittgenstein, le despotisme « ne le gêne pas ». Ajoutons que le ridicule non plus.

Jacquerie contre Sarkozy ?

 Si l’on devait définir Badiou, au sens léniniste et historique, on emploierait le terme de « gauchiste », ce dont il ne se cache pas. Comme Onfray, Negri et tant d’autres, il est l’un des pondus de Deleuze, du nomadisme organisationnel et du spontanéisme antiparti. A quoi il ajoute de solides réflexes de garde rouge montant à l’assaut des cadres – tous pourris évidemment – de la longue marche. Sans oublier sa fascination, typique du petit clerc, pour la violence anti-intellectuelle (cf. son éloge passé des khmers rouges).

  Mais de quoi Badiou est-il le nom ? D’un monde d’universitaires et de rentiers gradés de la République qui s’achètent une posture révolutionnaire sans se mouiller avec une organisation ouvrière. Histoire connue. Et c’est précisément le sarkozysme ambiant et sa répression sociale qui donne un surcroît de légitimité – et de confort ! – à cette posture qui permet de rester révolutionnaire dans l’idée pure en gardant les mains pures parce qu’on n’a pas de mains.
  La sarkozysation force les professionnels du discours « oppositionnel » à se radicaliser. Ce discours étant déjà chez Badiou, à l’origine, une « idée pure », une « pure » abstraction, cette radicalisation fait ressortir de façon comique l’écart béant entre le discours et l’action pratique. D’où les rodomontades antiparlementaires sur fond de revival mao.

  Mais ce qui aujourd’hui est particulièrement déplorable, c’est qu’on fasse un pont d’or à ces « théories » dans le parti et dans L’Humanité. « A la mesure avec laquelle l’esprit se satisfait, on peut mesurer l’étendue de sa perte », disait Hegel. Il ne s’agit pourtant pas là que de paresse intellectuelle, tant il est évident que les thèses de Badiou servent le clan des liquidateurs de notre parti, ceux qui, installés désormais – et c’est un comble – jusqu’au sommet de l’appareil, mijotent un congrès de Tours à l’envers. Il ne s’agit pas simplement de liquider l’organisation léniniste et les principes du Que faire ? dont l’efficacité n’était plus à démontrer. Il s’agit d’en revenir en deçà de Marx. Marx a passé sa vie à penser et à créer l’organisation. Il était membre lui-même de la Ligue des Communistes. Il ne proposait pas de pamphlets dans l’air du temps parés du terme de philosophie, mais l’étude scientifique des réalités concrètes. Or que nous propose-t-on ? Les coopératives de Proudhon ? Les phalanstères de Fourier ? La jacquerie contre Sarkozy ? Pour l’instant, tout ce que l’on constate, c’est que ces théoriciens du communisme du XXIe siècle n’ont d’autres projets que de faire marcher le mouvement ouvrier à quatre pattes.

Cette idée du communisme anti-parti n’est pas une théorie de plus dans la grande famille de  la gauche. Ce n’est pas une option possible. C’est la négation même de notre parti, maintenant instillé au sein même de sa direction. Lénine disait à juste titre que le prolétariat n’avait qu’une seule force, son organisation. Après les défaites récentes, il s’agit donc désormais de prendre au prolétariat tout ce qui lui reste. Ce n’est plus le temps des assassins, comme disait Rimbaud, c’est celui des liquidateurs de tranchées. 

 Aymeric Monville 

 

 

 

par Jean Lévy publié dans : Lutte de Classe
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Lundi 9 juin 2008

de Gérard Filoche

(mb CGT, Inspecteur du travail, rédac.chef "Démocratie et socialisme" - dernier ouvrage: "Salariés, si vous saviez..." La Découverte, Février 2008)

Le projet de loi du gouvernement appelé "projet de loi sur le temps de travail" vise à baisser les salaires

L'article 15-1 du projet a de quoi mettre en colère la France salariée entière : il vise toutes les clauses concernant les heures supplémentaires, elles devront être renégociées d'ici au 1er janvier 2010 de façon à supprimer les majorations et les repos compensateurs qui leur sont afférents. Pareil pour l'article 16 (nouvel article L 3128-38) : la durée du travail de tout salarié peut être fixée sans accord collectif préalable par une convention individuelle de forfait en heures, sur la semaine ou le mois.

Les employeurs pourront ainsi ne plus payer les majorations des heures supplémentaires, la durée pourra être supérieure à 1607 h c'est à dire inclure les ex-heures supplémentaires. L'obligation de comptabiliser les heures sera supprimée, ainsi que les limites journalières et hebdomadaires.

Cette obligation de travailler plus se fera à salaire constant. Le nombre maximum de 218 jours pourra être dépassé, c'est-à-dire qu'il pourra être atteint 365 jours, moins 52 dimanches, 8 jours fériés, 5 semaines de congés payés, soit 275 jours sans enfreindre le droit du travail... Il sera possible de travailler 53 jours de plus sans hausse de salaire...

Les clauses de garantie des articles L3121-42 à 44 + L 3121-51) seront supprimées.

Il y aura suppression de la justification économique de l'annualisation, des limites de 10 h et de 48 h, des programmations préalables dans un calendrier à l'année des périodes hautes et basses (article 17).

On revient au 19° siècle du point de vue des horaires et des soumissions des salariés à ceux ci.

Le premier et plus important point c'est que cela se fera avec recul des salaires : alors que la France n'a jamais été aussi riche, l'attaque contre les 35 h est une attaque contre les salaires !


Le "président du pouvoir d'achat" veut baisser le pouvoir d'achat de millions de salariés ! Travailler plus, gagner moins."


De : Gérard Filoche
(Paru  sur "Bellaciao")

par Jean Lévy publié dans : Social
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Lundi 9 juin 2008

 

62% des Hongrois jugent que l’ère Kadar (1957-1989) a constitué l’époque la plus heureuse de leur pays. Ils n’étaient que 53% dans le même sondage en 2001.

BL/EDT pour vivelepcf d’après une correspondance locale

La filiale hongroise de l’institut de sondage allemand gfk-Hungaria a réalisé en mai 2008 un sondage sur la perception par la population du passé de leur pays. De façon encore plus marquée qu’en 2001, les sondés considèrent que la période antérieure au  changement de régime (1989) a été la « plus heureuse » de l’histoire. L’expression de cette nostalgie concerne plus particulièrement la période comprise entre 1956/8 et 1985/9, lorsque János Kádár était chef du gouvernement et premier dirigeant du parti socialiste ouvrier (PSOH) au pouvoir.

Dans le détail, l’enquête ne permet pas de visualiser les opinions exprimées en fonction de l’appartenance sociale. Toutefois, nous observons que la popularité de la période « kadarienne » diminue avec le niveau de diplôme (54% pour les diplômés de l’université et des grandes écoles, 58% chez les bacheliers, 62% chez les diplômés des lycées professionnels et 67% chez ceux qui ont arrêté leurs études avant le lycée) et avec la taille de la ville (maximum de popularité atteint dans les villes de 2 à 5000 habitants et minimum relatif à Budapest). Cette indication est suffisante pour tirer quelques enseignements sur le sentiment des classes populaires : alors que les cadres des grandes entreprises, diplômés des écoles de commerce et des universités de droit, se concentrent à Budapest, les petites villes de province abritent une population d’ouvriers et d’employés, mal payée et mal protégée, mais aussi de retraités et de chômeurs survivant dans une situation très difficile. Nous pouvons aussi supposer que les petits commerçants et artisans (dont les activités étaient restées privées du temps du socialisme) font partie des sondés favorables à ce qu’il est convenu d’appeler en Hongrie l’ « ancien régime ».

De façon assez logique, cette popularité croît avec l’âge des sondés : 80% chez les plus de 50 ans, 72% chez les 40-49 ans, 55% chez les 30-39 ans et seulement 24% chez les 15-29 ans qui n’ont pas ou à peine connu cette époque directement. Autre résultat intéressant de ce sondage : le « score exceptionnel » obtenu par les deux dernières décennies qui sont considérées par 60% des personnes interrogées  comme la plus malheureuse du XXe siècle (12 points de plus qu’en 2001), loin devant la période Kádár et l’avant-guerre (13% chacune) !

L'augmentation de la sympathie pour la période Kádár depuis 2001 n’a rien d'étonnant. Le « miracle hongrois », tant célébré par la Commission Européenne avant l’élargissement de mai 2004, a pris fin il y a plusieurs années. La prospérité économique relative qu’avait connu le pays dans les années 1990 reposait sur le flux ininterrompu des investissements occidentaux. Celui-ci contribuait au développement de certaines activités dans la capitale et dans quelques grandes villes, grâce à des délocalisations industrielles (automobile, pharmacie, informatique) et l’installation de sièges sociaux (IBM). L’essoufflement de cette dynamique est dû aux nouveaux horizons des délocalisations industrielles, encore plus lointains (Roumanie, Slovaquie, Turquie), mais aussi au rapatriement du profit par les premiers investisseurs. De plus, l’abondance passagère de capitaux étrangers a eu un prix : celui de la privatisation et de la liquidation rapide du secteur industriel socialisé et celui de l’alignement sur les législations les plus libérales en ce qui concerne la protection maximale du revenu du capital, la faiblesse de l’imposition des entreprises, la ruine des systèmes sociaux solidaires et le démantèlement du droit du travail.

Les conditions de vie du plus grand nombre, déjà sévèrement détériorées par le changement de système en 1989, se sont à nouveau dégradées après 2001. Le gouvernement « libéral-socialiste » a opté de manière brutale pour une politique de rigueur. Une série de mesures visant les dernières entreprises publiques (transports), les hôpitaux (fermetures de site, privatisations, forfait hospitalier), les universités (autonomie, réduction des crédits, envolée des droits d’inscriptions) et les administrations des ministères (vente du parc immobilier, réduction du personnel) a été très durement ressentie. Dans le même temps, les impôts sur la consommation (TVA à 25%, la plus forte d’Europe) et sur le revenu (peu ou pas de progressivité) sont maintenus à des taux élevés. Enfin, les Hongrois doivent subir chaque année une hausse d’environ 10% du prix du gaz, de l'électricité et des transports. Avec une croissance plus lente, les profits n’en continuent pas moins de remplir les poches de quelques capitaines d’industrie occidentaux et hongrois, dont le premier ministre « socialiste » lui-même. On estime que le revenu médian est toujours inférieur de 30% à celui de 1989, en prenant en compte la valeur des avantages matériels comme le logement et l’accès gratuit à de nombreux services. Une grande fraction de la jeunesse, notamment étudiante, ne songe qu’à une réussite individuelle et à partir en Occident.

Le regret de la période précédente où la vie était perçue comme meilleure et surtout plus sûre est observable dans la plupart des pays de l’est. En ex-RDA, on a inventé le concept « d’Ostalgie ». Un sentiment anticapitaliste et un attachement à la « solidarité nationale » sont très aussi répandus.

Mais ce phénomène n’a pas de traduction politique. L’idéologie dominante s’efforce, efficacement pour l’instant, de couper cet état d’esprit et le regret des acquis de l’ancien système de toute référence au socialisme.

Le parti socialiste - héritier direct de l'ancien PSOH  pour la structure et les cadres – s’est radicalement détourné de son passé. Au pouvoir, il s’est appliqué, d’une manière brutale et voyante, à démanteler les acquis sociaux du régime précédent, se montrant adepte d’un « libéralisme » échevelé.

Le système politique a (judicieusement) laissé au parti conservateur (droite) le rôle de défendre les quelques meubles restants (santé, universités). Il capte une partie de la protestation sociale, avec un discours souvent nationaliste et tout en développant un discours anticommuniste outrancier.

Le Parti communiste ouvrier hongrois s’efforce de s’impliquer dans le développement du mouvement social. Depuis 2 ans, le PCOH a fini de se désolidariser complètement du PS. Il n’appelle plus à voter pour lui au 2e tour et le caractérise comme un parti capitaliste comme les autres, sans identifier l’ensemble de ses adhérents à sa direction. Mais son influence et sa visibilité restent modestes, hormis sans doute quelques localités. Le PCOH fait face à une intense répression allant jusqu’à la menace d’emprisonnement de tout son bureau politique.

Une campagne internationale de solidarité a été lancée (voir appel).

Pour les communistes français, il ne s’agit pas d’utiliser les résultats de sondages comme celui-ci en Hongrie, pour réhabiliter des modèles de socialisme comme le « socialisme à la hongroise » où l’économie mixte était particulièrement développée. Mais ils permettent de contrer l’un des axes de la propagande anticommuniste, propagée notamment par l’UE et d’alimenter notre réflexion sur notre visée socialiste, sous un autre jour que le discours de la « repentance », des « valises de plomb de l’Histoire », développée par la direction du PCF depuis plusieurs années.

par Jean Lévy publié dans : Internationalisme
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Dimanche 8 juin 2008

Le Monde, sur cinq colonnes à l'Une, traduit le désarroi de nos élites dirigeantes face au sondage donnant le NOn gagnant en Irlande. On peut lire ce titre effarant :
"Référendum A quelques jours du vote sur le traité de Lisbonne, l'inquiétude gagne les Vingt-sept".
Les Vingt-Sept ? Il ne peut donc s'agir, pour le quotidien du soir, que de l'attitude des gouvernements, seuls pris en compte. En effet, s'il en était autrement, le "vingt-septième",  l'Irlande, son peuple ne pourrait être "inquiet" du NON supposé, puisque les citoyens auraient voté majoritairement contre le traité.
Un sondage de ce jour donne le OUI à 41% (+ 1%, en deux semaines), et le NON à 39% (+ 6% dans le même laps de temps). L'écart se ressère donc, selon cet institut.
Mais rien n'est encore joué.
Il n'en reste pas moins qu'une large partie de l'électorat irlandais contredit les élus et "l'élite" de ce pays.

On savait le mépris affiché pour les peuples. Il rappelle singulèrement celui des aristocrates, à la veille de la Révolution, vis-à-vis des manants. Aujourd'hui, les peuples sont inscrits à Bruxelles et dans toutes les capitales de l'Union, sur le registre des "objets perdus" (et "non identifiés"). On mesure ainsi le vide sidéral du concept "démocratie", employé en permanence par la classe politique.
Quand, dans le langage des médias, on parle des "pays riches", l'image ne fait référence qu'à la caste étroite des privilégiés. Pas des populations. Seul compte l'indice du CAC 40, le cours des matières premières, les Cent familles françaises les plus fortunées, le montant des "parachutes dorés", les soirées chez Prada, les "Falcon" pour milliardaires, les yachts de Bolloré.
Les travailleurs pauvres, les SDF, les immigrés sans papiers, la misère dissimulée de millions de foyers, la mort au travail, le stress généralisé, pour ceux qui nous gouvernent, ce ne sont là que scories à évacuer.
Pourquoi solliciter leur avis et, pendant que vous y êtes, les appeler, par référendum, à se prononcer ? Sur ce point, Sarkozy disait sagement : 
"Si on interrogeait les peuples des Vingt-Sept pays, sur le traité de Lisbonne, ils répondraient NON !".
D'où le recours au vote des seuls parlementaires. Avec eux, rien à craindre. Déjà, à 95%, ils avaient approuvé le projet de constitution, rejeté en mai 2005, par 55% des Français. De même, en Irlande, où le réréfendum est obligatoire, 160 députés sur 166 ont ratifié le traité de Lisbonne. Tous les "grands" partis, celui de droite qui gouverne, comme les travaillistes dans "l'opposition", les évêques, les médias, les dirigeants des syndicats et, comme de bien entendu, les patrons, tous battent le pavé pour le OUI.
Nous verrons jeudi si le NON sera, par contre coup, "un pavé dans la mare" européenne.
Mais, déjà, le recours au peuple s'inscrit dans un processus "dangereux" qui "inqiète" l'ordre européen.
Raison de plus pour faire campagne en faveur d'un référendum, en France, pour que le peuple, mis à l'écart, puisse s'exprimer.

par Jean Lévy publié dans : Europe
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Vendredi 6 juin 2008

Dans cinq jours, les Irlandais, consultés par référendum, doivent approuver ou rejeter le nouveau texte de Constitution européenne que les vingt-sept Etats de l'Union ont signé à Lisbonne, en octobre 2007. Ce devait être une "promenade de santé". Aucun peuple n'était convié à donner son avis. Sauf un : celui de l'Irlande, qui ne pouvait déroger à sa propre constitution. Ailleurs, les parlements étaient appelés à ratifier le traité. Ce procédé ne décelait aucun risque. Les partis de droite et social-démocrates, d'un commun accord, approuvaient le texte, ce qui, sans problème,  donnait à celui-ci, une majorité confortable dans chaque pays. Les dirigeants n'avaient pas caché qu'une consultation populaire aurait, pratiquement partout en Europe,  abouti au rejet, solution inacceptable pour les gouvernements de l'Union.
En France, les socialistes ont biaisé. Alors qu'un vote unanime de leur groupe aurait fait échoué la manoeuvre, un subtil dosage d'abstentions et de votes positifs  (143 "abstentions" et 32 "pour"), rendait sans effet le choix négatif d'élus du PS. Le projet de Sarkozy était ainsi validé par plus des 3/5eme nécessaires des parlementaires.
Tout semblait donc réglé d'avance.
Mais il restait à convaincre le peuple irlandais. Certes, 95% des élus, les grands partis, les syndicats, l'Eglise, et bien sûr les patrons, se mirent de concert en campagne pour s'assurer d'un vote majoritaire pour le OUI. Durant des semaines, le nombre d'abstentionnistes commençait d'inquiéter "l'élite européenne". Et voilà, à une semaine du scrutin, un sondage donne le NON gagnant à 35%, avec 5% d'avance sur le OUI et 35% d'abstentions.
Voilà donc tous nos médias en émoi.
Est-ce une attitude prise pour  pouvoir ultérieurement célébrer une victoire du OUI avec encore plus d'ostentation ? Peut-être. La potentialité de manoeuvre des médias est immense. Pourtant, ce sondage "alarmant" conduit déjà les commentateurs à se poser la question : "Et si le NON est vainqueur, que se passera-t-il ?"
La réponse normale est contenue dans les dispositions qui régissent l'Union européenne : il est nécessaire d'avoir un vote unanime des Etats participants, et donc 27 réponses positives pour entériner le traité. Or, le plus tranquillement du monde, les "voix autorisées" émettent des suppositions étonnantes. Pour les uns, "il faudra faire revoter les Irlandais !" Et d'ajouter, "ils y ont été contraints déjà une fois, à propos du traité de Nice". D'autres, plus sereins, estiment que les traités et accords précédents resteront en vigueur, et donc rien ne sera changé. Enfin, les inquiets tempêtent : "Ce n'est tout de même pas un petit peuple de 10 millions d'habitants qui va faire la loi à l'Europe !". Ils évoquent de réduire la participation de l'Irlande à un simple accord d'association, réduisant à 26 le nombre d'Etats de l'Union européenne, et donc à 26 réponses positives seulement pour faire passer la nouvelle Constitution.
Les ressources imaginatives de nos maîtres européens sont sans limite.
On mesure là la solidité de leurs fibres démocratiques...

Reste à connaître le résultat du scrutin, le 12 juin, en restant prudent quant à son issue.

par Jean Lévy publié dans : Europe
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