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canepechepasnicolas a publié, mardi, l'opinion de camarades du PCF, qui se battent au sein de leur Parti pour en changer l'orientation.
Nous avons pensé que  l'analyse qu'ils font des résultats du vote des communistes, en vue du prochain congrès, était intéressant à faire connaître. Partisan du débat fraternel, notre blog se devait de publier ce texte  pour donner à  tous les éléments d'information objective. Nos remarques, notre point de vue s'en trouveront plus crédibles et le débat souhaité, équilibré.

Les camarades font d'abord le triste bilan de l'affaiblissement du PCF  :

"L’affaiblissement du parti continue avec plus de 20000 cotisants perdus (-26%) et plus de 6000 votants perdus (-16%) (...) C’est aussi le cas dans la Haute-vienne (-133%L’affaiblissement du parti continue avec plus de 20000 cotisants perdus (-26%) et plus de 6000 votants perdus (-16%). L’affaiblissement est cependant inégal et devient un véritable effondrement dans la banlieue rouge de la région parisienne.
Le 93 et le 94 perdent plus de la moitié de cotisants, avec cependant une perte plus faible de votants. C’est le parti de masse qui disparait au profit du parti des élites et des spécialistes. Des militants de ces départements le subissent, et tentent de résister, d’autres s’en accommodent, certains pensent que ce "parti de masse" était un leurre
"


Nos camarades s'inquiètent de cette liquidation.
Pourtant, ils semblent satisfaits de la progression de l'opposition interne : 
"L’orientation du conseil national sortant est en recul en voix dans 92 départements, alors que l’opposition se réclamant du marxisme progresse en voix dans 78 départements !.
Cette opposition progresse ainsi en % dans 87 départements, dont 71 de plus de 10% des exprimés et de manière encore plus significative, de plus de 20% des exprimés dans 32 départements.
Elle devient majoritaire dans 14 départements (+10) et dépasse 1/3 des voix dans 58 départements (+51)."

Cette analyse se reflètait déjà dans le titre du texte :
"40 % des communistes dont il faut tenir compte !".

Première question :
 
L'effondrement des structures du Parti, du nombre de ses adhérents, depuis le dernier congrès, n'ont pu être évités par le militantisme interne des communistes, qui contestent l'orientation des dirigeants du Parti.  Ceux-ci ont poursuivi la politique qui conduit le PCF à sa propre destruction.  Cette politique est la seule qui soit perçue, à l'extérieur du parti, par les Français.
Que changeront, à l'avenir, les succès internes de l'opposition, sur le comportement de la Direction ?
Celle-ci a fait connaître sa position : "Seule la 'base commune' est reconnue comme base d'éventuels amendements". Or, cette base est INAMENDABLE !
Les idées qui y sont défendues vont à l'encontre d'une analyse marxiste minimale.
C'est l'ensemble qu'il faut rejeter.
La seule solution pour l'oposition, c'est de voter CONTRE cette base commune. Et, même en progression, l'opposition sera largement minoritaire au congrès
Dans ces conditions, que signifie, parlant des 40% de communistes, :
"Il faut en tenir compte "?
En écrivant :
"De fait, la « base commune » votée par 88 dirigeants du conseil national ne permet pas le rassemblement large des communistes.
Poursuivre le congrès sans en tenir compte, c’est institutionnaliser la cassure entre communistes, rejeter la volonté de milliers de communistes de maintenir le PCF sur une base marxiste… Le congrès ne peut donc se dérouler comme la direction le souhaite .
L’unité des communistes peut se reconstruire au 34ème congrès sur une autre base que celle proposée par le conseil national ! ",
comptez-vous modifier la globalité néfaste de l'orientation  de telle manière qu'elle devienne 'acceptable' ?
Y croyez-vous réellement ?
Ou accepterez-vous quelques strapontins dans les organismes de direction ?
Même l'éventualité d'une 'ouverture' à l'opposition, de la part du noyau dirigeant, n'est pas crédible. Alors, que ferez-vous ?
Ne croyez-vous pas que votre présence au sein du Parti ne conforte celui-ci, auprès d'hésitants, que le PCF est "démocratique", qu'il permet à une minorité - en fait, une caution - d'exister à l'intérieur du Parti, augmentant ainsi la confusion dans ses rangs et dans la population.

Deuxième question :
Vous écrivez :

"Les deux textes ( de l'opposition) ont une divergence forte sur la souveraineté nationale et la conception de l’internationalisme, mais pour le vote du congrès, ils représentent sans équivoque un rejet en commun de l’orientation depuis la mutation".
Ne pensez-vous pas que cette "divergence forte" porte sur des aspects essentiels de notre lutte ? Comment mener le combat communiste et révolutionnaire sans faire de la "souveraineté populaire" et de "l'indépendance nationale" les conditions premières ?
Il ne suffit pas aux camarades de "la Riposte" de parler "marxisme" et "lutte de classe" pour représenter un courant de rupture avec la ligne officielle du PCF.
Evacuer ces questions, c'est rejeter toute orientation véritablement communiste. 

Les signataires de la motion."André Gerin, la section du XVème, la Gauche communiste", poursuivent donc leur action, au sein du Parti, pour tenter de modifier l'orientation du PCF.
Le congrès se tient dans un mois. 
Et  après ? Si l'obstination et tous les efforts des camarades se heurtent à un échec ? Si la direction obtient quitus au congrès, et qu'au lendemain de celui-ci, la ligne du Parti demeure ce qu'elle est aujourd'hui, que ferez-vous, Camarades ?
Resterez-vous au sein de la "vieille maison", pour reprendre l'expression de Léon Blum, lors du Congrès de Tours en 1920 ?
Attendrez-vous trois années supplémentaires, pour tenter de  modifier l'orientation du PCF, de "l'intérieur" ?
La décision appartient à chacun d'entre vous.
Mais la crise économique et sociale, grosse de catastrophes pour les travailleurs, n'attend pas. 
Il faut agir ensemble, sans perdre un instant, pour lutter efficacement contre les forces du Capital. Tous les communistes, tous ceux qui croient encore à la lutte des classes et qui veulent, concrètement, la mener, doivent se rencontrer pour s'unir sur des objectfs communs. 
J'ai, personnellement, fait le choix en 1999 : j'ai quitté le PCF (ou plutôt, le PCF m'a quitté...), ne pouvant accepter la docile soumission des ministres communistes à une politique contraire à l'esprit de mon engagement dans le Parti, en 1956.
J'ai refusé d'être, par mon silence, complice d'une guerre américaine, menée contre le peuple serbe par le gouvernement Jospin
 .  J'ai refusé que Lagardère entre dans le capital de L'Humanité. J'ai refusé de cautionner une politique de régression sociale, de "privatisations" accélérées. J'ai refusé "l'Europe sociale", prônée jusqu'à ce jour par le PCF, cette option qui jette le trouble dans les consciences populaires.
Et rejetant l'isolement dévastateur, j'ai pris ma carte au PRCF, Pôle de Renaissance Communiste en France.
C'est le choix que j'ai  fait.
Chacun choisit son chemin.
Faut-il encore pouvoir se rencontrer.
















Tag(s) : #Politique
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